ESA, LES GRANDS RENDEZ-VOUS DE 2018

L'un des rendez-vous de l'Europe spatiale en juillet, le dernier Galileo avec Ariane 5. Sur la photo, le lancement des satellites 19–22

L'un des rendez-vous de l'Europe spatiale en juillet, le dernier Galileo avec Ariane 5. Sur la photo, le lancement des satellites 19–22

Jan Worner, le directeur général de l’administration spatiale européenne a présenté ses vœux ce matin à la presse. Un rendez-vous traditionnel pour dresser un bilan de 2017 et pour évoquer les rendez-vous spatiaux de 2018.

Commençons d’abord par les chiffres. L’ESA dispose pour cette année d’un budget de 5,6 milliards d’euros. Les six principaux postes se répartissent comme suit : l’observation de la Terre (1455,8 M€*), le transport spatial (1110,7 M€),  la navigation avec 782,6 M€,  les vols habités (731,9 M€), les programmes scientifiques (518,2 M€), les télécommunications et applications intégrées (275 M€).  A noter, les risques spatiaux (débris, astéroïdes, etc) ont reçu une enveloppe de 22,9 M€. Parmi les événements qui vont marquer l’année, l’agence spatiale européenne annonce huit missions importantes qui vont s’étaler au cours des prochains mois. Cela commence par la poursuite du déploiement de la composante satellitaire du programme Copernicus (Commission Européenne). Le prochain exemplaire à être lancé sera Sentinel 3B avec une fusée Rockot. Fenêtre de tir visée : la période mars/avril. Le programme européen d’observation de la Terre rencontre un vrai succès comme le souligne Jan Worner. Les chiffres communiqués par l’ESA indiquent près de 109 000 utilisateurs enregistrés et un volume de produits téléchargés qui avoisine les 40 Péta-bytes. A noter également que l’ESA est en phase de réflexion pour étendre Copernicus. On commence en effet à parler des Sentinel 7, 8 et 9. Les domaines d'investigation envisagés concernent notamment les glaces polaires, les icebergs ou encore l’étude du CO2.

A noter, les risques spatiaux ont reçu une dotation de 22,9 M€

A noter, les risques spatiaux ont reçu une dotation de 22,9 M€

Observation, géolocalisation et relais

Autre mission d’étude de la Terre planifiée en 2018 : ADM Aeolus. Cinquième Earth Explorer développé dans le cadre du programme Living Planet, ce satellite doit être lancé par Vega (VV12), en septembre ou octobre, sur orbite héliosynchrone (SSO) à 400 kilomètres d’altitude. Pendant trois ans, il aura pour tâche d’étudier l’influence des vents terrestres entre le sol et 30 kilomètres d’altitude.

La troisième mission d’observation terrestre au planning de l’agence, cette année, est le satellite météorologique Metop-C. Après Metop-A en 2006, puis Metop-B en 2012, l’exemplaire C est annoncé pour un lancement par une fusée Soyouz 2-1b pour le mois de septembre ou le mois d’octobre. La géolocalisation reste également au cœur des préoccupations puisque quatre nouveaux satellites doivent venir enrichir la constellation Galileo grâce à une Ariane 5 ES en juillet prochain. Les prochains satellites seront lancés par Ariane 6. Pour la partie Télécommunications, il faut enfin retenir que le satellite Hylas 3 embarquera le second nœud du système européen de relais de données (EDRS-C). Ce qui est planifié sur Ariane 5 ECA pour la fin de l'année.

Dédié à l'étude de la dynamique de l'atmosphère, ADM-Aeolus sera lancé par Vega pour l'automne prochain

Dédié à l'étude de la dynamique de l'atmosphère, ADM-Aeolus sera lancé par Vega pour l'automne prochain

Pas un projet mais un concept

Au chapitre vols habités, après la mission Proxima de Thomas Pesquet puis celle de Paolo Nespoli (Vita) en 2017, c’est l’astronaute allemand Alexander Gerst qui va reprendre le chemin de l’espace pour la seconde fois. Le 6 juin, il doit décoller pour la Station spatiale internationale (ISS) pour un second séjour de six mois en orbite. Neuf ans après le Belge Frank De Winne, (Expedition 21), Gerst sera le second européen à commander le complexe orbital alors que nous fêtons cette année les dix ans de l’installation du module Colombus sur l’ISS, et son activation par le Français Léopold Eyharts (Expedition 16). Ajoutons que le lancement du bras robotique ERA de l’ISS est attendu sur un Proton DM pour la fin de l’année. Dans l’optique de la poursuite des vols habités, Jan Worner continue de défendre son moonvillage qui « n’est pas un projet mais un concept. Nous avons déjà reçu des lettres d’intention », précise ainsi le directeur général. Par ailleurs, ce volet de l’exploration ne serait pas complet sans évoquer la mission Bepi-Colombo. C’est une Ariane 5 ECA qui, en octobre prochain, lancera le vaisseau construit en collaboration avec l’agence spatiale japonaise (Jaxa). Ayant recours à la propulsion électrique, la sonde devra également utiliser à neuf reprises l’assistance gravitationnelle des planètes pour atteindre Mercure en 2026.

Par ailleurs, outre la poursuite du développement d’Ariane 6 et du « bébé navette » Space Rider, il faut souligner que plusieurs missions scientifiques sont en point de mire. Elles concernent notamment les exoplanètes (CHEOPS, en 2018 ou 2019), l’Univers (JWST, 2019), le Soleil (Solar Orbiter, 2020), la matière noire (Euclid, 2021) ou encore les ondes gravitationnelles (LISA, 2034).

Antoine Meunier

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