LANCEMENT NOMINAL POUR LA MISSION GOVSAT-1/SES 16

Décollage de Falcon 9 depuis le Space Launch Complex 40 (SLC-40) du Centre spatial Kennedy en Floride

Décollage de Falcon 9 depuis le Space Launch Complex 40 (SLC-40) du Centre spatial Kennedy en Floride

Un lanceur Falcon 9 a décollé hier soir depuis la Floride. Space X a en effet procédé avec succès au lancement du satellite luxembourgeois GovSat-1 d'une masse de 4,2 tonnes. Une fois n’est pas coutume, le premier étage de la fusée est revenu se poser dans l’océan Atlantique.

Commençons par le passager sous coiffe. Initialement, le tir du satellite de télécommunications militaires GovSat-1/SES 16 était programmé pour mardi soir. Il a été repoussé à la fenêtre du lendemain en raison d’un vent trop fort sur le SLC-40 de Cap Canaveral et d’un problème de capteur sur le lanceur. Sans aucun problème, GovSat-1 a été inséré sur orbite de transfert géostationnaire (GTO) à 21h57 GMT. Construit par Orbital ATK sur la base d’une plateforme GEOStar-3, ce satellite est le premier de GovSat, un partenariat public privé (PPP) passé en 2015 entre le gouvernement luxembourgeois et l’opérateur SES. Il est conçu pour répondre aux besoins des institutionnels et des gouvernements. GovSat-1 peut notamment assurer des liens de communication entre des théâtres militaires d’opérations tactiques, pour des missions maritimes et sur des zones affectées par des crises humanitaires. Il dispose de capacités en bande X et bande Ka militaires. Il est par ailleurs équipé de six faisceaux à haute puissance orientables, ainsi que d’un faisceau global avancé en bande X. Il est également doté de fonctions anti-brouillage et d’une télémétrie cryptée. GovSat 1 doit être exploitée à partir de stations au sol sécurisées dont le Secure Missions Operations Centre situé à Luxembourg. Le gouvernement luxembourgeois a d’ailleurs réservé une importante capacité opérationnelle de GovSat-1, tandis que le reste sera mis à disposition des utilisateurs gouvernementaux sur la base de contrats commerciaux.  Ce satellite doit assurer des communications sur l’Europe, le Moyen-Orien et l’Afrique. Il doit également permettre des opérations sur les océans Atlantique et Indien, de même qu’en Méditerranée et en Mer Baltique. Prévu pour être positionné à 21,5 degrés sur l’orbite géostationnaire (GEO), GovSat 1 a une durée de vie estimée de quinze ans.

Amerrissage réussi pour l'étage Falcon B1032.2. Sur le cliché, on distingue nettement que les pieds d'atterrissage ont été déployés avec succès

Amerrissage réussi pour l'étage Falcon B1032.2. Sur le cliché, on distingue nettement que les pieds d'atterrissage ont été déployés avec succès

Amerrissage

Pour ce lancement, Space X a réemployé le premier étage B1032.2 utilisé dans le cadre de la mission NROL-76, un satellite militaire américain ultrasecret lancé le 1er mai dernier. Au retour, ce même étage ne s’est pas posé sur la barge « Of Course I Still love you », il ne devait d’ailleurs pas être récupéré mais il a tenté l’amerrissage. « Cette fusée était destinée à tester un très haut taux de rétrofreinage dans l'eau pour ne pas endommager la barge, étonnamment, elle a survécu. Nous allons essayer de la remorquer jusqu'à la rive », a déclaré Elon Musk, dans un tweet. Les photos disponibles sur Internet montrent un étage qui ne semble pas avoir trop souffert de son bain forcé. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Space X procède à une tentative d’amerrissage. La première du genre en 2013, lors du lancement du satellite CASSIOPE, s’était soldée par un échec. Il y a par la suite eu trois précédents réussis de ce type lors des missions CRS-3 (18 avril 2014), Orbcomm OG2 (14 juillet 2015) et DSCOVR (11 février 2015).

Même si c’est toujours un exploit de parvenir à poser en douceur le premier étage d’une fusée, Space X se prépare à présent à en effectuer un autre encore plus ambitieux : récupérer trois éléments de la même fusée d’un coup. Mardi 6 février, doit avoir lieu le tir inaugural (et tant attendu) de Falcon Heavy. Ce qui est l’un des moments spatiaux les plus attendus de 2018.

Antoine Meunier

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