EXAMEN DE PASSAGE RÉUSSI POUR FALCON HEAVY

Premier décollage réussi pour Falcon Heavy

Premier décollage réussi pour Falcon Heavy

Après quatre années de retard sur la date prévue, la fusée de soixante-dix mètres de haut a enfin effectué son tout premier tir. Elle a décollé hier soir depuis la Floride à 21h45 heure de Paris. Une mission inaugurale particulièrement spectaculaire qui permet, aujourd’hui à Space X, de disposer du lanceur opérationnel le plus puissant du monde.

Pour un peu, on se serait cru revenu à la grande époque d’Apollo, lorsque la foule convergeait en masse autour du Centre spatial Kennedy, dans les années 60, pour assister au départ des astronautes qui se préparaient à marcher sur la Lune. Selon certaines sources, deux millions de personnes ont ainsi envahi les alentours de la base spatiale afin de voir décoller ce premier exemplaire de Falcon Heavy. Un vrai show, digne du Superbowl, qui a trouvé son public, le direct de Space X a ainsi drainé près d’un million de personnes sur la Toile. Il est cependant vrai que la performance de la fusée Falcon Heavy, qui pèse 1421 tonnes au décollage, est impressionnante dans la mesure ou vingt-sept moteurs Merlin D ont simultanément fonctionné sans le moindre problème. Comme évoqué dans une précédente chronique, c’est seulement trois moteurs de moins que le premier étage de la fusée lunaire N1 soviétique. Huit minutes et dix secondes après le décollage, les deux étages latéraux sont revenus se poser, quasiment au même moment, sur les Landing Zone 1 et 2, offrant un spectacle particulièrement impressionnant. En revanche, l’étage central a malheureusement été perdu ce qui a été confirmé par Elon Musk. Celui-ci avait été renforcé pour supporter des vibrations trois fois plus importantes, que celles rencontrées d’habitude sur un lanceur Falcon 9, compte tenu des vingt-sept moteurs qu’il faut mettre à mettre à feu.

Retour réussi des étages latéraux de Falcon Heavy

Retour réussi des étages latéraux de Falcon Heavy

Le lanceur le plus puissant, oui mais…

Et comme promis, au moment du largage de la coiffe, l’autoradio de la Tesla s’est mis à jouer Life on Mars de David Bowie. La Tesla Roadster embarquée sous la coiffe et son passager, le mannequin Starman, doivent suivre une trajectoire qui leur feront croiser l’orbite de Mars et passer à proximité de celle de Cérès, le plus gros des objets de la Ceinture des Astéroïdes. Incontestablement, Elon Musk a su faire le buzz pour ce lancement qui est avant tout, rappelons-le, un tir de qualification d’un nouveau lanceur. Mais un lanceur qui s’annonce comme étant le plus puissant du monde pour le moment. En orbite basse, Falcon Heavy doit pouvoir placer jusqu’à 63,8 tonnes sur orbite basse (LEO) et 26,7 tonnes sur orbite de transfert géostationnaire (GTO). Des performances qui ne peuvent cependant être atteintes qu’en configuration consommable et non récupérable. Dans ce cas précis, les boosters latéraux n’effectuent pas d’atterrissage en douceur et sont donc sacrifiés. En mode récupérable, les performances tourneraient plutôt aux alentours de 30 tonnes, ce qui se rapproche des capacités de la Delta IV-H (29 tonnes en orbite LEO) dont la silhouette est d’ailleurs la même que celle de la Falcon Heavy. Si cette dernière vient de réussir sa première sortie, elle va maintenant devoir réellement faire ses preuves en lançant sa première « vraie » charge utile. Son second tir doit lui permettre de lancer le satellite de télécommunications ArabSat-6A opéré par ArabSat. En juin, c’est la charge utile de l’Air Force STP2 qui devra prendre place sous la coiffe. A terme, le Falcon Heavy doit venir s’attaquer au marché des satellites militaires de grande taille.

Starman, en route pour Mars

Starman, en route pour Mars

Un vaisseau habité encore à tester

Comme évoqué dans la chronique du 24 janvier, l’autre objectif envisagé par Elon Musk c’est de pouvoir envoyer des astronautes dans l’espace avec le Falcon Heavy. Ceux-ci s’installeraient à bord du vaisseau Dragon 2. Cependant, il est établi que le premier vol d’essai, sans personne à bord, de la capsule habitée de Space X, doit normalement prendre place en août prochain. Le premier test avec équipage est programmé pour la fin de l’année 2018. Mais la grande ambition d’Elon Musk, c’est de pouvoir placer un équipage de deux personnes fortunés pour un voyage en retour libre autour de la Lune à Noel 2018, un moyen de dignement fêter les 50 ans de la mission Apollo 8. Une nouvelle qui a été révélée en février 2017. Depuis cette date, aucune information sur le sujet n’a filtré de la part de Space X. Il apparaît donc aujourd’hui improbable qu’un tel voyage ait lieu dans les temps. Si le lanceur vient de réussir son entrée en scène, il faut encore certifier la version habitée du vaisseau Dragon avant que les premiers astronautes n’y prennent place pour un premier vol habité. Quoi qu’il en soit, ce lancement inaugural réussi de Falcon Heavy s’il est un joli coup de pub réussi, il est aussi une étape importante de franchie pour Elon Musk. Space X n’a donc pas fini de nous réserver des surprises.

Antoine Meunier

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