EXPLOSION AU SOL POUR LE CREW DRAGON DM-1

Le Crew Dragon doit normalement effectuer son premier vol piloté d'ici la fin de cette année

Le Crew Dragon doit normalement effectuer son premier vol piloté d'ici la fin de cette année

Un incident sérieux s’est produit samedi lors d’un test au sol de la version habitée de la capsule spatiale de la firme Space X. Ce vaisseau doit normalement lancer son premier équipage vers l’ISS d’ici la fin de l’année.

L’accident survenu samedi dernier n’est pas le premier que Space X connaît. En septembre 2016, un événement du même type s’était déjà produit, puisqu’un lanceur Falcon 9 avait explosé sur le pas de tir lors du remplissage du réservoir d’oxygène liquide du second étage. Une mésaventure qui avait également entraîné la perte du satellite de télécommunications israélien en bande Ka Amos-6. Mais le sinistre du week-end dernier concerne à présent un véhicule prévu pour les équipages. Déjà utilisée par la NASA en version cargo pour ravitailler la Station spatiale internationale, le Crew Dragon a réalisé son premier vol d’essai automatique (Spx-Demo-1) au début du mois dernier. Celui-ci, parfaitement nominal, a permis l’amarrage du vaisseau au complexe orbital le 3 mars. Si le vol a rempli ses objectifs, une seconde mission - cette fois pilotée - doit permettre la qualification du vaisseau pour acheminer les équipages jusqu’à la station spatiale. Deux astronautes composent le futur équipage de cette deuxième mission de certification (Spx-Demo-2). Il s’agit de Doug Hurley (STS-127, STS 135) et Robert Behnken (STS-123, STS-130), Initialement, le vol était prévu pour l’été mais il serait logique que celui-ci soit repoussé, au moins le temps de déterminer ce qui s’est passé sur l’aire de lancements gérée par Space X à Cap Canaveral. Le test de samedi dernier, qui impliquait vraisemblablement une mise à feu des moteurs SuperDraco, s’est achevé par une explosion sur la Landing Zone N°1. 

Les 2 premiers équipages prévus pour les 2 premiers vols pilotés du Dragon 2. De gauche à droite: Doug Hurley, Robert Behnken, Michael Hopkins etVictor Glover

Les 2 premiers équipages prévus pour les 2 premiers vols pilotés du Dragon 2. De gauche à droite: Doug Hurley, Robert Behnken, Michael Hopkins etVictor Glover

Ergols non brûlés

Ces moteurs, d’un diamètre de 20 cm et d’une poussée de 73 kN dans le vide, sont au nombre de huit et sont installés tout autour de la capsule. Prévu pour être utilisé au cours d’une phase d’atterrissage propulsé du Dragon, le moteur SuperDraco doit également fournir la poussée en cas d’éjection en urgence de la capsule. Il brûle un mélange d’UDMH et de peroxyde d’azote. Rallumable, son impulsion spécifique atteint 235 s et sa pleine poussée peut être atteinte en 100 millisecondes. Il semble qu’un nuage d’ergols non brûlé ait été signalé à distance du lieu de l’explosion. Que cela soit de Space X ou de la NASA, aucune information n’a pour le moment filtré quant à la cause possible de cet incident tout de même sérieux. Une seule vidéo a fuité et montre l’explosion du vaisseau. Quelques heures après le sinistre, Jim Bridenstine, l’administrateur de la NASA s’est fendu d’un communiqué un peu froid sur le site de l’agence. "Les équipes de la NASA et de SpaceX évaluent l'anomalie survenue aujourd'hui lors d'une partie du test de tir statique Dragon Super Draco dans la zone d'atterrissage de SpaceX en FlorideC'est pourquoi nous testons. Nous allons apprendre, apporter les ajustements nécessaires et aller de l'avant en toute sécurité avec notreprogramme d'équipage commercial". Fin de citation.

Mise à feu des moteurs SuperDraco lors d'un test d'éjection du site de lancement en 2015

Mise à feu des moteurs SuperDraco lors d'un test d'éjection du site de lancement en 2015

Accès compromis ?

Cet incident est une mauvaise nouvelle pour Space X qui ambitionnait de réaliser vers le mois de juillet un test d’éjection d’urgence avec la capsule DM-1 et une fusée Falcon 9 pourvue d’un second étage factice. C’est également une mauvaise nouvelle pour la NASA qui comptait justement sur le Dragon 2 pour commencer à acheminer ses astronautes jusqu’à la Station spatiale internationale d’ici la fin de cette année. D’une masse totale de treize tonnes, Dragon 2 doit pouvoir transporter jusqu’à sept astronautes et rester amarré jusqu’à six mois à l’ISS. L’administration spatiale américaine dispose toutefois d’un second fournisseur d’accès avec la capsule CST-100 de Boeing. Malheureusement, le premier test inhabité de cette dernière n’est pas prévu avant l’été prochain. La NASA a tout de même joué la prudence puisqu’en février, des décisions ont été menées avec l'agence spatiale russe Roscosmos pour obtenir quelques places supplémentaires pour les astronautes à bord du vaisseau Soyouz pour fin 2019 - début 2020. 

Antoine Meunier

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