SIAE 2019 : L'ESPACE EN RETRAIT

Sur le stand du CNES, la maquette de l'Ensemble de lancement n°4 prévu pour Ariane 6 (Crédit photo : Antoine Meunier)

Sur le stand du CNES, la maquette de l'Ensemble de lancement n°4 prévu pour Ariane 6 (Crédit photo : Antoine Meunier)

S’il ne fallait retenir que deux symboles pour la partie espace de ce 53èmeSalon du Bourget,  il s’agit incontestablement de la venue des trois astronautes du programme Apollo et de la table ronde des chefs d’agences spatiales réunis sous l’égide du CNES.

Soyons franc, le segment spatial de ce SIAE 2019 nous laisse quelque peu sur notre faim. D’abord parce que l’industrie a été sous-représentée par rapport aux éditions précédentes. Les grands acteurs de la filière européenne - que sont ArianeGroup, Arianespace ou encore Avio - étaient tout simplement absents. A l’inverse, de petites start-ups en ont profité pour effectuer leur première apparition en public dont notamment Rocket Factory Augsburg (RFA), fondée par OHB et MT Aerospace, venue pour la première fois sur la manifestation aérospatiale française. Cette jeune structure propose un petit lanceur à ergols liquides destiné à lancer des charges utiles de 200 kg à 700 km d’altitude. Du côté des institutions, l’agence spatiale européenne (ESA) n’a assuré qu’une présence à peine visible pendant la biennale du Bourget avec une scène censée « créer une interaction avec le public », nous confie une source de l’agence. Mouais… Ce même public, qui est aussi le principal bailleur de fonds des programmes du Vieux Continent, a besoin de pouvoir toucher du doigt les missions auxquelles il contribue financièrement. Quelques maquettes auraient été les bienvenues. Celles-ci étaient bien présentes mais sur le chalet du CNES. On y découvrait ainsi une miniature de l’ensemble de lancement Ariane ELA 4 prévu pour une mise en service l’année prochaine pour le tir inaugural d’Ariane 6. Il y avait également Callisto, le futur démonstrateur réutilisable qui doit être testé en 2021, ou encore Taranis le futur satellite chasseur d’orages. Sans oublier MERLIN qui doit étudier le méthane atmosphérique à partir de 2021. Malgré un espace plus restreint par rapport à l’édition 2017, le CNES a donc a procédé à une mise en perspective d’une partie des programmes européens de la prochaine décennie.

Incontestablement, les astronautes d'Apollo, ici en compagnie en de l'équipe de démonstration du Rafale, resteront le symbole de ce Bourget 2019 (Crédit photo : Antoine Meunier)

Incontestablement, les astronautes d'Apollo, ici en compagnie en de l'équipe de démonstration du Rafale, resteront le symbole de ce Bourget 2019 (Crédit photo : Antoine Meunier)

Pas de nostalgie 

Mais ce qui a retenu notre attention, c’est avant tout la venue des trois astronautes héros du programme Apollo : Walter Cunningham, pilote du module de commande d’Apollo 7, Al Worden, pilote du module de commande d’Apollo 15, et Charlie Duke, pilote du module lunaire d’Apollo 16. En cette année du cinquantenaire du premier pas sur la Lune, leur venue sur le site historique du Bourget prend une signification particulière. Les trois hommes se sont prêtés de bonne grâce au jeu des questions réponses lors de deux conférences, répondant avec un professionnalisme qui force le respect malgré leur grand âge. Cunningham et Worden affichent tout de même 87 printemps. Duke est le benjamin avec « seulement » 83 orbites au compteur. Cinquante ans après la promenade d’Armstrong et Aldrin sur la Mer de la Tranquillité, la parole des hommes d’Apollo reste précieuse. Ils ont vécu l’âge d’or de l’Exploration. Mais pas question pour eux de céder à la nostalgie de la splendeur passée. Les trois hommes ont parfaitement conscience qu’il faut à présent aller plus loin. Sur Mars ? « C’est un gros morceau et nous ne sommes pas encore prêts pour cela », admet Charlie Duke. Le futur de l’exploration, du moins habitée, devrait donc se jouer sur la Lune au cours des prochaines années. Une lune qui ne pourra être occupée durablement que par le biais d’une coopération internationale comme l’a rappelé l’administrateur de la NASA* lors de la table ronde sur l’exploration. Tous les chefs d’agences présents ont exprimé le désir de poursuivre l’aventure dans cette direction. Ils ne restent plus qu’aux politiques à donner l’impulsion. Pedro Duque, actuel ministre de la science du gouvernement de Pedro Sanchez en Espagne, espère une « forte participation pour l’ESA » dans ce domaine lors de la conférence ministérielle Space 19+ qui se tiendra à Séville au mois de novembre. « Nous avons de nouveaux leaders (politiques européens) qui peuvent donner un nouveau coup d’accélérateurs pour l’exploration spatiale », ajoute Pedro Duque. Réponse les 27 et 28 novembre prochains...

Antoine Meunier 

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