PREMIER ÉCHEC AU LANCEMENT POUR VEGA

En sept ans de carrière opérationnelle, le lanceur Vega connait là son premier incident (Photo : ESA)

En sept ans de carrière opérationnelle, le lanceur Vega connait là son premier incident (Photo : ESA)

Initialement prévu pour un lancement le 5 juillet depuis la base de Kourou, le lancement VV15 de la petite fusée européenne a été reprogrammé dans la nuit de mercredi à jeudi à la suite de vents violents en altitude. Malheureusement, à la suite d’une anomalie sur le moteur Zefiro 23, la mission a été interrompue au bout de deux minutes. Le lanceur a fini sa course dans l’Atlantique.

Entré en service en février 2012 pour le lancement du satellite géodésique LARES de l’agence spatiale italienne (ASI), la fusée Vega affichait encore jusqu’à mercredi soir un taux de réussite de 100 % en quatorze tirs. Cette quinzième mission devait permettre de lancer le satellite de reconnaissance militaire Falcon Eye 1 des forces aériennes des Emirats Arabes Unis. Basé sur une plateforme Pleïades d’Airbus DS, la charge utile de Falcon Eye et de son jumeau – tous les deux acquis pour un montant de 700 millions d’euros - est fournie par Thales Alenia Space. Le satellite de 1197 kg devait être placé sur une orbite héliosynchrone (SSO) à 600 kilomètres d’altitude. Il devait avoir une durée de vie minimale de cinq ans. Malheureusement, les choses ne se sont pas passées selon le plan de vol.

Le satellite Falcon Eye est basé sur une plateforme Pléiades d'Airbus DS (Crédit image : CNES)

Le satellite Falcon Eye est basé sur une plateforme Pléiades d'Airbus DS (Crédit image : CNES)

Début d’enquête

Bien que le décollage ait eu lieu à 22h53 (heure de Guyane) comme prévu, deux minutes après le décollage du lanceur, et peu après l’allumage du deuxième étage à propulsion solide Zefiro 23, une anomalie est intervenue sur le lanceur, ce qui a entrainé la fin prématurée de la mission. 

La combustion de ce segment de la fusée doit normalement durer 73 secondes. Toutefois, celle-ci a diminué au bout de seulement 17 secondes. Vega se trouvait à ce moment à un peu plus de 60 kilomètres d’altitude et fonçait vers l’espace à plus de 7200 km/h. Il a été décidé de déclencher la sauvegarde et de détruire le lanceur. Celui-ci a fini sa course dans les eaux de l’Atlantique. Afin de déterminer les causes exactes de l’accident, Arianespace et l’Agence spatiale européenne ont immédiatement annoncé qu’une commission d’enquête indépendante était mandatée pour analyser les données du vol. Cette commission est coprésidée par l’inspecteur général de l’ESA et par le directeur technique et qualité d’Arianespace selon un communiqué des deux entités.

Un tel événement n’était pas arrivé depuis 2002 et la perte du lanceur Ariane 5 lors de la mission V517. Il s’agissait à l’époque du tir inaugural de la version ECA du lanceur lourd européen. Si pour Ariane 5, le calendrier ne semble pas perturbé, la préparation de la prochaine mission se poursuit normalement à Kourou (VA 249), l’échec de ce vol VV15 pourrait entrainer un décalage dans les prochaines missions du petit lanceur italien. Deux tirs sont prévus en septembre et en novembre. Le premier (VV16) doit lancer la charge utile SSMS et le second (VV17) doit justement lancer le second satellite Falcon Eye. La version C de Vega, pourvu d’un premier étage P120C (commun à Ariane 6) et d’un second étage Zefiro 40, doit toujours effectuer son premier vol en 2020. Elle doit lancer le satellite LARES-2.

Antoine Meunier

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