ORBIT BEYOND SE DÉSENGAGE DE SON CONTRAT CLPS

Initialement prévu pour un lancement en 2020,  l'alunisseur Z01 peut emporter jusqu'à 40 kg de charge utile dont le micro-rover ECA (Photo : NASA)

Initialement prévu pour un lancement en 2020, l'alunisseur Z01 peut emporter jusqu'à 40 kg de charge utile dont le micro-rover ECA (Photo : NASA)

La firme basée à Edison dans le New Jersey a en effet décidé de jeter l’éponge. Elle renonce par la même à une dotation de presque 100 millions de dollars. Il était prévu que son atterrisseur Z01 se pose sur la Lune en fin d’année prochaine.

C’est peut-être un défi industriel trop grand ou un calendrier beaucoup trop serré qui contraint Orbit Beyond à se retirer de l’initiative CLPS (Commercial Lunar Payload Services). Ce programme, segment du programme lunaire habité Artemis, a fait l’objet le 31 mai de la signature d’un contrat entre la NASA d’une part et trois sociétés d’autre part. Il s’agit d’Astrobotic, Intuitive Machines et Orbit Beyond. Les deux premières ont reçu chacune de l’administration spatiale une dotation de 79,5 millions de dollars et 77 millions pour déposer un alunisseur (le Peregrine pour Astrobotic et Nova-C pour Intuitive Machines) en 2021. Peregrine, qui doit être lancé par une fusée Atlas-5, pourra transporter jusqu’à 14 charges utiles jusqu’au Lac de la Mort, situé dans la Mer du Froid. Quand à Nova-C, prévu pour un lancement sur Falcon 9, il vise l’Océan des Tempêtes, comme futur site d’alunissage, pour y acheminer jusqu’à cinq charges utiles. Orbit Beyond avait pour sa part reçu une dotation de 97 millions de dollars (la plus importante) de la part de l’agence spatiale américaine pour faire alunir son module Z-01 à la surface de la Lune en septembre de l’année prochaine. Le site d’alunissage retenu était la Mer des Pluies au Nord de la face visible de l’Astre des Nuits. Il était prévu que cette mission transporte jusqu’à quatre charges utiles.

Présenté ici lors du SIAE 2017 au Bourget, le Lander Peregrine de la société Astrobotic Technology doit prendre le chemin de la Lune en 2021 (Photo : A.Meunier)

Présenté ici lors du SIAE 2017 au Bourget, le Lander Peregrine de la société Astrobotic Technology doit prendre le chemin de la Lune en 2021 (Photo : A.Meunier)

Objectif : un retour rapide sur la Lune

Selon les informations disponibles, Orbit Beyond a fait part à la NASA « de difficultés internes »qui l’empêcheront d’exécuter sa commande. L’administration spatiale a donc mis fin à l’ordre de tâches à compter du 28 juillet à des conditions « mutuellement acceptables pour les deux parties », précise le communiqué de l’agence. Cependant, si la société s’est pour le moment retirée, elle reste néanmoins éligible pour concourir aux futures opportunités du programme CLPS. Intuitives Machines et Astrobotic ne sont, quant à elles, pas affectées par le retrait d’Orbit Beyond. « Nous savons que les missions CLPS vont être difficiles pour différentes raisons et qu’elles risquent de ne pas toujours réussir », admet Thomas Zurbuchen, administrateur associé de la mission scientifique de la NASA. « Nous sommes prêts à accepter certains risques afin de pouvoir retourner sur la Lune rapidement avec des partenaires commerciaux… », continue-t-il. CLPS, qui repose sur le même principe que les initiatives COTS et CCdev de l’ISS (ravitaillement et relève des équipages) dispose d’un budget total de 2,6 mds de dollars* jusqu’en 2028. Il s’inscrit dans cette perspective d’un retour rapide à la surface de notre satellite.

L'objectif final du programme CLPS : contribuer au retour des astronautes sur le sol lunaire en 2024 (Image : NASA)

L'objectif final du programme CLPS : contribuer au retour des astronautes sur le sol lunaire en 2024 (Image : NASA)

L’homme en 2024

La NASA vient d’ailleurs d’annoncer un nouvel appel à proposition pour la nouvelle phase du programme. Les entreprises qui seront sélectionnées, dans le cadre de cet appel, rejoindront les neuf fournisseurs de service qui se sont engagés pour participer à CLPS. Pour réduire les coûts mais aussi accélérer le retour sur la Lune, la NASA prévoit que les premières missions « CLPS » aient une taille et une durée de vie limitée. Les 21 février et 1erjuillet dernier, la NASA a sélectionné un total de vingt-quatre charges utiles destinées à embarquer sur les futurs alunisseurs. Ces futures expériences serviront à la fois pour des objectifs scientifiques (recherche d’eau aux pôles lunaires notamment) mais aussi pour des objectifs liés à l’exploration humaine de notre satellite. Rappelons que l’objectif final, d’ici 2024 comme voulu par le président Trump, est de permettre l’alunissage d’un équipage mixte d’astronautes. Ce qui serait une première depuis la dernière mission habitée, Apollo 17 en 1972. C’est un objectif extrêmement ambitieux mais 2024, c'est presque demain...

Antoine Meunier

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