SATELLITES GÉOSTATIONNAIRES : À L’ÈRE DU RECONFIGURABLE

Les premiers satellites "Inspire" de Thales Alenia Space seront livrables à partir de 2023 (Image : Thales Alenia Space).

Les premiers satellites "Inspire" de Thales Alenia Space seront livrables à partir de 2023 (Image : Thales Alenia Space).

A l’image de Boeing qui a présenté un produit équivalent juste avant l’ouverture de la World Satellite Business Week d’Euroconsult qui s'est achevée vendredi 13 septembre, Thales Alenia Space a dévoilé au cours de l'événement organisé par Euroconsult sa nouvelle plateforme reconfigurable. Les premiers exemplaires devraient être disponibles à partir de 2023.

Les prochaines années devraient voir l’apparition de satellites géostationnaires (GEO) d’un nouveau genre, car ce marché bien spécifique connait une mutation qui oblige aujourd’hui les constructeurs à s’adapter aux besoins de leurs clients. En 2015, si 22  "GEO" ont été vendus, il n’y en a eu que 5 en 2018. Sept commandes ont été passés en 2018 et 11 en 2019. Si les gros satellites géostationnaires restent nécessaires, « il y a cependant un besoin de flexibilité avec des produits moins cher », confie un expert du secteur. Désormais, le temps des satellites d'un nouveau genre est venu dans le monde des télécommunications spatiales. 2019 voit donc l’arrivée d'unités plus compactes et adaptables rapidement. En mai, Airbus a ainsi présenté le Onesat dont trois exemplaires doivent être lancés pour Inmarsat à partir de 2023. Juste avant l’ouverture de la Business Week, c’est Boeing qui a dévoilé le 702 X dont la version géostationnaire pourra être disponible dès 2022. Et il y a à présent Space Inspire de Thales Alenia Space. Bénéficiant de l’héritage de Spacebus Neo, la plateforme Inspire (INstant SPace In-orbit REconfigure) n’en est cependant pas un dérivé. Pour développer ce nouveau produit standardisé « nous sommes partis d’une feuille blanche », précise l’un des responsables du programme. Pour le développement du principal élément de bord, le calculateur DTP (Digital Transparent Processor), l’ESA et le CNES ont apporté leur expertise, confie une source de l’agence spatiale française. D'une masse d'environ deux tonnes, la vidéo mise en ligne par Thales Alenia Space montre qu’il est possible d’installer trois unités sous une coiffe d'Ariane 6 ou de Falcon 9. Par ailleurs, si les coûts de développement et le prix final ne sont pas connus, cette plateforme présente l'atout d'être reconfigurable en orbite.

Selon les besoins, il sera possible de lancer jusqu'à 3 "Inspire" (capture d'écran vidéo de présentation Thales Alenia Space).

Selon les besoins, il sera possible de lancer jusqu'à 3 "Inspire" (capture d'écran vidéo de présentation Thales Alenia Space).

Vers une reprise

Concrètement cela signifie qu’il serait possible, en fonction des besoins exprimés par un opérateur, que ce même satellite Inspire vive « plusieurs vies » au cours de son fonctionnement opérationnel, donc de réaliser plusieurs missions – connectivité large bande, services vidéo, etc. Ses panneaux solaires pouvant lui fournir jusqu'à 15 KW de puissance électrique, la durée de vie orbitale de l'Inspire est de quinze ans. « Grâce à la nouvelle ligne de produits Thales Alenia Space, la numérisation complète des missions et la flexibilité totale permettent aux opérateurs de satellites d’attribuer des capacités n’importe où, à tout moment et quelle que soit la forme d’onde », déclare Jean-Loïc Galle PDG de Thales Alenia Space. Reconfigurables « en quasi temps réel », mais aussi repositionnables en orbite, ce qui permet d'ajuster la zone de couverture choisie, les futurs unités "Inspire" seront livrables en dix-huit mois depuis le site TAS de Cannes où aura lieu l’assemblage final. Il est prévu que les premiers satellites soient commercialisés dès le 1ertrimestre 2023. Un premier contrat pourrait d'ailleurs être signé d'ici la fin de l'année.

Avec l'arrivée de cette nouvelle technologie, les satellites de télécommunications pourront ainsi devenir multi-missions. Des outils qui arrivent dans un contexte où le marché semble se redynamiser. Selon une information du magazine Aerospatium,sur près de quarante contrats recensés depuis le début de l'année, plus de la moitié se trouvent chez les deux grands constructeurs européens. L'arrivée du "reconfigurable" pourrait être donc être un facteur de reprise.

Antoine Meunier

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