UN NOUVEAU SITE POUR THALES BELGIUM À HASSELT

L'assemblage automatisé des cellules photovoltaïques se fait notamment par l'usage de la cobotique (interface homme-machine).

L'assemblage automatisé des cellules photovoltaïques se fait notamment par l'usage de la cobotique (interface homme-machine).

Dédiée à l’assemblage automatisé des cellules photovoltaïques des panneaux solaires, cette nouvelle usine a été inaugurée vendredi 20 septembre. Encore en phase de validation, la production proprement dite doit démarrer d’ici la fin de l’année ou début janvier 2020.

L’assemblage d’un dispositif spatial est un processus qui exige de la précision, l’installation de cellules photovoltaïques sur les panneaux solaires des satellites exige quant à elle une précision chirurgicale. Annoncée en mai 2017, cette usine « 4.0 » obéit à une volonté d’expansion de Thales Alenia Space en Europe. « Ce projet est un jalon clé dans l’exécution de notre stratégie qui vise à étendre notre empreinte industrielle en Europe en complémentarité de nos implantations existantes », explique ainsi Jean-Loïc Galle, le PDG de Thales Alenia Space. Après Charleroi et Leuven, Hasselt est donc le troisième site Thales en Belgique. Installé en région flamande, le choix de l’implantation est notamment dû à la présence d’entreprises exerçant dans le même secteur d’activité. Cet investissement de 20 millions d’euros a reçu le soutien de la filière spatiale belge mais aussi de l’agence spatiale européenne via son programme ARTES (Advanced Research in Telecommunications Systems). Cette unité de production doit permettre d’assembler de 100 à 200 000 cellules photovoltaïques en fonction des besoins dans une salle blanche de 1200 mètres carrés. Si la mise en place des PVA est automatisée, notamment grâce à trois robots spécialement dédiés pour la manipulation des cellules, certaines tâches comme le câblage des panneaux reste réalisée manuellement mais nécessite toutefois l’utilisation de la réalité augmentée. Afin d'améliorer les temps de cycles, la double utilisation, de la gestion numérique des données et de la traçabilité, est privilégiée. 

Utilisant une plateforme Spacebus NEO, le satellite indonésien SATRIA sera le premier à utiliser des panneaux solaires assemblés à Hasselt (Crédit image : Thales Alenia Space).

Utilisant une plateforme Spacebus NEO, le satellite indonésien SATRIA sera le premier à utiliser des panneaux solaires assemblés à Hasselt (Crédit image : Thales Alenia Space).

Panneaux solaires made in Hasselt

Complétant le site Leonardo de Nerviano en Italie qui est dédié aux programmes des agences spatiales européenne (ESA) et italienne (ASI), Hasselt emploie environ vingt personnes mais il est cependant prévu qu’en fonction des cadences, l’effectif puisse grimper à cinquante personnes. En termes de capacités, il s’agira d’assembler des cellules pour des panneaux d’un à dix mètres carrés pour les spacebus (satcoms GEO), les constellations et les méga constellations. Un satellite GEO, par exemple, comporte 1000 cellules par panneau et comprend au total 10 000 cellules. Au rythme de 100 000 cellules par an, Hasselt pourrait équiper l'équivalent de dix gros satcoms. Il est prévu que la production démarre normalement « fin décembre ou début janvier 2020 », confie l’un des dirigeants de TAS. Et le premier produit qui sera équipé de panneaux solaires « made in Hasselt » est le satellite de télécommunications indonésien en bande Ka SATRIA, développé sous maitrise d’œuvre par Thales Alenia Space qui utilise la plateforme Spacebus Neo (tout éléctrique). Prévu pour un lancement au quatrième trimestre 2022, il doit être positionné sur orbite GEO à la position 146 Est et avoir une durée de vie de quinze ans.

Antoine Meunier

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