L’INDUSTRIE SOLLICITÉE POUR L’ALUNISSEUR HABITÉ

Le premier alunissage habité du programme Artemis est programmé en 2024 dans le cadre de la mission Artemis 3

Le premier alunissage habité du programme Artemis est programmé en 2024 dans le cadre de la mission Artemis 3

Comme elle l’a fait pour les modules automatiques du programme CLPS, la NASA vient de lancer un appel à projets pour la mise au point d’un véhicule d’atterrissage habité (HLS) destiné à se poser sur le sol sélène en 2024. La date limite de remise des propositions est programmée pour le 1er novembre prochain.

Aller sur la Lune nécessite deux véhicules : un pour se mettre en orbite autour de notre satellite et un pour descendre à la surface. Il s’agit du modèle établi lors du programme #Apollo entre 1968 et 1972. Dans le cas de l’actuel programme #Artemis, les éléments qui sont plus ou moins disponibles sont les suivants. Il y a d’abord la fusée Space Launch System (SLS), dont #Boeing vient de terminer l’assemblage de la section moteur avec le corps central qui servira à lancer la mission #Artemis1. Une maquette taille réelle du descendant de #Saturn5 démarre cette semaine les tests d’intégration dans le bâtiment d’assemblage des véhicules (VAB) au KSC. Pour sa part, le vaisseau #Orion est actuellement en phase de tests au Centre spatial Kennedy (KSC). Concernant le module qui permettra l’alunissage, la NASA a donc lancé cette semaine un appel d’offres à l’industrie pour la réalisation de cet élément critique. Une autre initiative du même type existe déjà mais pour des alunisseurs automatiques (contrat CLPS). Rappelons par ailleurs que le calendrier du retour humain sur la Lune est plus que serré, puisque le premier alunissage avec équipage du programme Artemis doit avoir lieu en 2024 (Artemis 3). Est-ce tenable ? Là est toute la question car « ce matériel de vol spécifique demande six à huit ans de développement », souligne le communiqué de la #NASA. Il y a néanmoins un précédent : le LM du programme Apollo.

Le module Blue Moon de Blue Origin, ici en version habitée (Image : Blue Origin).

Le module Blue Moon de Blue Origin, ici en version habitée (Image : Blue Origin).

Une cadence déjà élevée dans les années 60

Lorsque la firme Grumman remporte l’appel d’offres pour la conception du module lunaire le 7 novembre 1962, il s’écoulera environ six ans et trois mois jusqu’au premier vol, celui d’Apollo 9 le 3 mars 1969 qui permit de valider le LM en orbite terrestre avec les astronautes Jim Mac-Divitt et Rusty Schweickart. Si l’on inclue le premier vol inhabité du LM, il faut encore réduire ce délai. Le premier exemplaire qui vola en automatique fut celui embarqué sur la fusée Saturn 5 de la mission test Apollo 5 le 22 janvier 1968. Une cadence qui était à l’époque particulièrement élevée mais nous étions dans le cas d’un « Crash Programme » ou programme accéléré. Le contexte politique était par ailleurs fort différent de celui d'aujourd'hui. Et le LM ne fut réellement opérationnel que pour la mission Apollo 11. Pour tenter de raccourcir encore plus le délai, la NASA annonce vouloir réduire les procédures administratives et techniques d’habitude requises (de 116 à 37) dans le cas d’un tel programme. Parmi ses exigences, l’agence axe sa préférence pour une approche avec un lancement séparé du vaisseau Orion et un passage par la station Deep Space Gateway (DSG) pour prendre le module lunaire et descendre en surface. Une option qui apparait comme « essentielle pour l’exploration à long terme de la Lune ». L’administration spatiale américaine rappelle également que pour retourner vers notre satellite, elle utilisera « tous les moyens nécessaires » mais qu’elle reste cependant ouverte aux « approches alternatives et innovantes ». Cela impliquerait logiquement d’avoir recours à des solutions qui sont potentiellement déjà en cours de développement. En mai dernier, Blue Origin avait ainsi anticipé l’appel d’offres de la NASA en dévoilant une maquette de son alunisseur Blue Moon en développement depuis 2016. Propulsé par un moteur BE-7 (Lox-H2), qui est en cours de développement, il serait disponible en deux versions : autonome et pilotée. Cette dernière d’une capacité de charge utile pouvant aller jusqu’à 6,5 tonnes, ce qui permettrait de déployer une équipe de deux astronautes sur la Lune. 

Le mois dernier, une consultation entre l'ensemble de l'industrie et la NASA pour évoquer le développement d'un atterriseur lunaire. Un second rendez-vous du même genre était prévu le jeudi 3 octobre. Quoi qu'il résulte de ces discussions (au cours desquelles deux compagnies pourraient être sélectionnées), les acteurs du spatial américain doivent impérativement rendre leur copie le 1er novembre au plus tard.

Antoine Meunier

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