MEV, UN PREMIER REMORQUEUR DE SATELLITES EN MISSION

Le MEV devra se positionner à l'arrière de sa future cible (Image : Northrop Grumman)

Le MEV devra se positionner à l'arrière de sa future cible (Image : Northrop Grumman)

Mercredi 9 octobre, une fusée Proton a décollé depuis la base de Baïkonour pour le compte de la firme ILS. Une première depuis deux ans. Outre le satellite Eutelsat 5 West B, le lanceur transportait comme seconde charge utile, le véhicule MEV-1 mis au point par Northrop Grumman. Objectif de ce dernier : un amarrage avec le satellite Intelsat 901, hors service depuis cinq ans.

Y’a-t-il dans un futur proche de réelles perspectives économiques pour le ravitaillement des satellites en orbite ? Frank Demauro, le vice-président de Northrop-Grumman en est convaincu. « Le MEV a un rôle à jouer », déclarait-il en septembre lors de la World Satellite Business Week (#WSBW) d’Euroconsult. Avec le Mission Extension Vehicle, ou véhicule d’extension de mission, 1er du nom, la société entend déjà démontrer la viabilité de ce système de remorquage imaginé à la base par le Joint Venture ViviSat (Orbital ATK/US Space) et repris par la suite par Northrop Grumman Systems. Il s'agit notamment de maintenir un satellite sur sa position et de contrôler son orientation. Un autre scénario envisagé prévoit d'aller chercher une plateforme située sur une mauvaise orbite à la suite d'une défaillance d'un lanceur. Le ravitaillement proprement dit du satellite est pour le moment à l'étude. Bénéficiant de l'héritage des programmes GEOstar (GEOstar-3) et Cygnus, le MEV est un véhicule à propulsion électrique conçu pour réaliser un rendez-vous et un amarrage de manière parfaitement sécurisé avec un satellite en orbite géostationnaire (GEO). Egalement conçu par Northrop Grumman, le second passager de ce lancement de Proton, Eutelsat 5 West B, est quant à lui basé sur une plateforme GEOstar 2. D’une masse de 2330 kg, le MEV-1 va voyager pendant trois mois et demi pour rejoindre sa cible sur orbite géostationnaire, le satellite de télécommunications Intelsat 901. Lancé le 9 juin 2001, celui-ci est hors service depuis maintenant cinq ans. Mais Northrop Grumman a signé un contrat avec Intelsat qui, grâce au MEV, vise à prolonger la vie du satellite pour cinq années supplémentaires.

Un dernier arrêt du MEV est programmé à un mètre avant l'amarrage avec le satellite cible (Image : capture d'écran vidéo Northrop Grumman)

Un dernier arrêt du MEV est programmé à un mètre avant l'amarrage avec le satellite cible (Image : capture d'écran vidéo Northrop Grumman)

Déjà un deuxième véhicule

D’ici les quatorze prochaines semaines, le MEV va progressivement se rapprocher sur l’orbite cimetière où évolue actuellement Intelsat 901. Au cours de la phase d’approche, il est prévu une phase d’inspection avant de se positionner une première fois à vingt mètres pour l’approche finale qui sera commandée depuis le sol. Il est ensuite prévu que le MEV stoppe à seulement un mètre du satellite. La capture doit se faire de manière autonome. Une manœuvre similaire à celle réalisée par les vaisseaux cargo de l'ISS comme le Progress et l’ATV. A l'inverse, de ce Une fois l’amarrage réalisé, il est prévu une batterie de tests pour vérifier que l’ensemble est parfaitement opérationnel. Le MEV devra ensuite repositionner Intelsat 901 sur sa nouvelle position opérationnelle à 27,5 degrés Ouest. Il est prévu que ce composite reste opérationnel jusqu’en 2025. Ensuite, le MEV devra repositionner le satellite sur une orbite cimetière avant de se désamarrer définitivement pour aller se connecter à « un autre client ». Prévu pour durer quinze ans, le MEV pourrait donc théoriquement prolonger la vie de trois satellites déjà positionnés. Selon les informations disponibles, ce véhicule d’un tout nouveau genre dispose d’un système d’amarrage capable de se connecter à 80 % des satellites géostationnaires (GEO) actuellement en orbite. Un second MEV est prévu, il doit être lancé par une fusée Ariane 5 ECA dans le courant de l’année prochaine pour aller s'amarrer à un autre satellite Intelsat dont l'identité n’est pour le moment pas connue.

Antoine Meunier

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