ALUNISSEUR HABITÉ : JEFF BEZOS PRÉCISE LE SCHÉMA

Jeff Bezos a présenté l'équipe industrielle qui s'articulera autour de Blue Origin pour la réalisation du module lunaire piloté (Photo : Blue Origin)

Jeff Bezos a présenté l'équipe industrielle qui s'articulera autour de Blue Origin pour la réalisation du module lunaire piloté (Photo : Blue Origin)

Si la NASA doit recevoir les propositions de l’industrie au plus tard le 1er novembre pour le futur véhicule qui déposera les astronautes à la surface de la Lune d’ici cinq ans, Blue Origin accélère les choses en annonçant son équipe industrielle en ce deuxième jour de l’IAC 2019.

Le programme Artemis a-t-il trouvé son futur alunisseur habité ? Il semble en tout cas que quelques-uns des acteurs du spatial américain, sous la houlette de Blue Origin, fassent front commun pour être les artisans qui déposeront des astronautes à la surface de la Lune en 2024. « Un challenge national appelle une réponse nationale, déclare Bob Smith CEO de Blue Origin. En combinant l’héritage de nos partenaires avec nos travaux sur l’atterrisseur lunaire Blue Moon et son moteur BE-7, notre équipe se réjouit de collaborer avec la NASA pour soutenir le programme Artemis. » Si lors du programme Apollo, c’est la seule firme Grumman qui s’était vue confier la réalisation du LM, la conception de son successeur pour le programme Artemis sera cette fois-ci une œuvre collective. Jeff Bezos, le fondateur de Blue Origin a ainsi présenté devant l’assemblée de l’IAC le schéma industriel qui devrait permettre la construction du véhicule qui doit déposer sur le sol sélène le premier équipage mixte d’astronautes dans cinq ans. Blue Origin assure donc la maîtrise d’œuvre de ce lander, à l’étude depuis 2016, et qui sera propulsé par le moteur BE-7 à ergols liquide (Lox-hydrogène). Actuellement en développement, ce propulseur doit produire jusqu’à 40 kN de poussée. Blue Origin conçoit la partie basse, c’est-à-dire l’étage de descente de ce futur « module lunaire 2.0 » mais également d’autres éléments comme certains systèmes internes.

Le futur module sera testé en vol avant l'alunissage piloté prévu pour 2024 (Photo : A.Meunier)

Le futur module sera testé en vol avant l'alunissage piloté prévu pour 2024 (Photo : A.Meunier)

Au moins un essai en vol

Pour sa part, Lockheed Martin, qui a déjà conçu la partie habitée du véhicule interplanétaire Orion, doit livrer l’élément de retour réutilisable. C’est-à-dire, la partie haute, en l’occurrence celle qui reviendra se connecter à la station lunaire Gateway. Il est également prévu que la firme dirige les opérations de vol et l’entraînement des futurs équipages. Northrop-Grumman, qui a autrefois fournit le LM, s’occupe de développer l’élément de transfert qui permet d’amener le système d’atterrissage à la surface de la Lune. Enfin, la firme Draper, de Cambridge dans le Massachusetts, qui a également pris part au programme Apollo en fournissant l’ordinateur de bord du module de commande et du LM, s’occupera de développer les systèmes de guidage et l’avionique. Ces quatre entreprises ont décidé de faire cause commune pour réaliser un ensemble qui doit accomplir une mission extraordinaire : permettre à des êtres humains de fouler le sol d’un autre monde. Le délai imparti est extrêmement court puisque tout doit être prêt d’ici cinq ans. Si Blue Origin travaille sur son Blue Moon depuis 2016, rappelons cependant que la réalisation d’un tel véhicule, qui peut engendrer des retards, nécessite une multitude d’essais dont au moins un en vol pour qualifier l’appareil. « Il y aura au moins un essai en vol », confie d’ailleurs une source de Blue Origin. Il est en effet prévu qu’il y ait un vol en automatique du Blue Moon (étage de descente seulement). Pour respecter l’échéance, celui-ci doit obligatoirement intervenir entre maintenant et 2024 avec le lanceur semi-réutilisable New Glenn prévu pour un vol inaugural en 2021. Si l’équipe menée par Blue Origin est pour le moment la seule à annoncer la couleur, d’autres acteurs du spatial américains comme Boeing* et Space X notamment, devraient aussi déposer une soumission auprès de l'agence spatiale américaine.

Antoine Meunier

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