JUSQU’À 14 TIRS PRÉVUS POUR ARIANESPACE EN 2020

En 2020, cinq tirs d'Ariane 5 sont planifiés par Arianespace. En photo, le lancement de la mission VA 249 le 6 août 2019 (Crédit : ESA-CNES-Arianespace)

En 2020, cinq tirs d'Ariane 5 sont planifiés par Arianespace. En photo, le lancement de la mission VA 249 le 6 août 2019 (Crédit : ESA-CNES-Arianespace)

Cette année devrait être particulièrement chargée au Centre spatial guyanais (CSG), avec douze lancements annoncés auxquels il faut ajouter les tirs inauguraux d’Ariane 6 et de Vega C. C’est ce qu’a précisé mardi matin Stéphane Israël, le président d’Arianespace, lors de ses traditionnels vœux de nouvel an à la presse.

Commençons par évoquer 2019. L’année écoulée aura permis de réaliser neuf lancements depuis le Centre spatial guyanais (CSG) dont quatre Ariane 5 en lancements double pour l’orbite géostationnaire (GEO) ainsi que trois tirs de Soyouz et deux Vega. Ces lancements représentent l’équivalent de 24 satellites mis sur orbite dont huit en orbite géostationnaire (GEO), 4 pour l'orbite moyenne (MEO) et 12 pour l'orbite basse ou héliosynchrone (LEO/SSO). Les trois quarts des véhicules lancés sont commerciaux tandis que le quart restant est institutionnel. Sur les neuf lancements réalisés, sept étaient des vols commerciaux. Les vingt-quatre satellites ont été commandés par 15 clients différents dont 13 opérateurs commerciaux. Selon les chiffres fournis par Arianespace, cela représente 47 t de charge utile placées sur orbite dont 38 acheminées en orbite géostationnaire. « 2019 aura été marqué par une forte demande commerciale, souligne Stéphane Israël, alors qu'Ariane 6 et Vega C vont quant à eux arriver dans un contexte de forte demande institutionnelle ».  Il faut également ajouter que 14 contrats ont été signés en 2019. Cela comprend 4 contrats sur Ariane 5 et Ariane 6 dont le vol inaugural avec la version 62 (deux propulseurs d'appoint), le lancement de la sonde jovienne JUICE sur Ariane 64 ou Ariane 5 prévu à partir de 2022. Il faut ajouter le transfert de Viasat 3 depuis Ariane 5 vers la première Ariane 64 dont le tir est programmé début 2021. Signalons également la signature pour le lancement de la mission de l’agence spatiale européenne (ASI) Euclid, qui vise notamment à étudier l’expansion de notre univers au cours des dix derniers milliards d’années. Prévu pour être compatible sur Ariane 62 et Soyouz, ce télescope - qui est une collaboration entre Airbus (charge utile), Thales Alenia Space (satellite), le laboratoire de science spatiale Mullard (Royaume-Uni) et le Laboratoire d’astrophysique de Marseille (LAM) -, est programmé pour un lancement à la mi-2022. 

Si le retour en vol de Vega doit avoir lieu en mars, a la fin de l'année doit avoir lieu le vol inaugural pour Vega C (Crédit image : ArianeGroup).

Si le retour en vol de Vega doit avoir lieu en mars, a la fin de l'année doit avoir lieu le vol inaugural pour Vega C (Crédit image : ArianeGroup).

14 tirs prévus sans compter Baïkonour et Vostochny

L’activité au CSG en 2020 pourrait donc atteindre un total de 14 tirs en comptant l’arrivée d’Ariane 6 et de Vega C. Le 251ème tir de la famille Ariane est d’ores et déjà programmé la semaine prochaine (VA 251). Le 16 janvier, le premier des onze derniers exemplaires d’Ariane 5 restant à lancer doit placer sur orbite géostationnaires les satellites Konnect pour Eutelsat et GSat-30 pour l’agence spatiale indienne (ISRO). Quatre autres lancements Ariane 5 sont planifiés, également pour des opérateurs commerciaux. 2020 marquera le retour en vol de Vega avec la mission VV16, qui doit aussi voir la première utilisation du dispositif SSMS (Small Satellites Mission System) en mars prochain. Conçu par Avio, il doit pouvoir déployer jusqu'à 40 petits satellites. Deux missions institutionnelles sont également prévues : celle du satellite espagnol SEOSat (contrat ESA) et le début du déploiement de la constellation Pléiades NEO d’Airbus. Soyouz a pour sa part quatre vols planifiés : celui du satellite émirati Falcon Eye 2 avec le premier Soyouz de 2020 début mars ainsi que le satellite CSO-2 pour les militaires français et jusqu'à deux lancements pour la constellation OneWeb. Outre ceux depuis le CSG, Arianespace envisage également huit tirs depuis les cosmodromes de Baïkonour et Vostochny afin de poursuivre le déploiement de la constellation. Un tir de Soyouz dédié à OneWeb est annoncé pour le 7 février depuis Baïkonour.

Le premier vol d'Ariane 6 est attendu pour la fin de l'année avec comme passagers, trente satellites OneWeb (Crédit image : ArianeGroup).

Le premier vol d'Ariane 6 est attendu pour la fin de l'année avec comme passagers, trente satellites OneWeb (Crédit image : ArianeGroup).

Derniers tests

Mais les deux lancements les plus attendus de 2020 seront bien sur ceux d’Ariane 6 et de Vega C. L’année 2019 a permis aux deux fusées de franchir des étapes importantes. Les tests moteurs ont permis de qualifier le propulseur P120C en configuration Vega C ainsi que le moteur Zefiro 40 de l’étage supérieur. De plus, Stéphane Israël déclare que le pas de tir est maintenant prêt à accueillir les tests combinés. Concernant Ariane 6, d’importants tests moteurs ont été menés en 2019 (cf. LCS du 17 décembre dernier). D’ultimes vérifications doivent être accomplies prochainement avec un essai du P120C en configuration Ariane 6. Le dernier test moteur réalisé, le 10 décembre 2019, est celui du propulseur Vinci de l’étage supérieur du premier vol prévu  d’ici la fin de l’année avec une Ariane 62 qui doit permettre la mise sur orbite d'une trentaine de satellites  OneWeb en plus de ceux prévus début février à Baïkonour. 

Antoine Meunier

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