CREW DRAGON : UN PAS DÉCISIF FRANCHI POUR LE 1ER VOL HABITÉ

La mission du Falcon 9 s'est volontairement interrompue 96 s après le décollage (Crédit image : Nasa TV).

La mission du Falcon 9 s'est volontairement interrompue 96 s après le décollage (Crédit image : Nasa TV).

Initialement prévu samedi, Space X a procédé ce dimanche au test d’annulation de mission qui permet de valider le système de sauvegarde du Crew Dragon en cas de problème pendant une ascension vers l’orbite. La réussite de cet essai devrait maintenant ouvrir la voie au tout premier vol piloté.

Après le test réalisé au sol le 6 mai 2015, ce second essai du dispositif de sécurité du Crew Dragon visait à réaliser une éjection du vaisseau pendant l’ascension du lanceur. Séparer en urgence une capsule habitée de sa fusée porteuse est une problématique de sécurité qui est née avec les vols spatiaux pilotés. Cela est déjà arrivé à deux reprises, sur deux vaisseaux Soyouz fort heureusement à 35 ans d'intervalle. Le 26 septembre 1983, au cours de la phase finale du lancement de la mission #Soyouz T-10, une valve défaillante répandit du carburant sur le pas de tir qui s’enflamma tout autour de la fusée. Les cosmonautes Guennadi Strekalov et Vladimir Titov réussirent quasiment à la dernière seconde à déclencher la tour d’éjection qui envoya le vaisseau à 4 km du pas de tir en train de s’embraser. Plus récemment, le 11 octobre 2018, l’ordinateur embarqué du Soyouz #MS-10 dut déclencher le système d’éjection alors que le lanceur était déjà à plus de 50 km d’altitude, et à T+ 117,8 s dans la chronologie. L’équipage, composé du cosmonaute russe Alexeï Ovtchinine et de l’astronaute américain Nick Hague, a été récupéré sains et saufs après seulement 20 mn de vol. Le test réalisé hier par #SpaceX permet de valider un scénario identique à celui survenu lors du décollage de Soyouz MS-10.

L'illustration ci-dessus montre l'éjection réalisée vers 40 km d'altitude par le Dragon 2 (Crédit image : Space X).

L'illustration ci-dessus montre l'éjection réalisée vers 40 km d'altitude par le Dragon 2 (Crédit image : Space X).

Chronologie

« Aujourd'hui, nous avons vu la démonstration d'un système que nous espérons ne jamais utiliser, mais qui peut sauver des vies si jamais nous le faisons », a déclaré l’astronaute Doug Hurley qui doit, avec Robert Behnken, valider en vol la capsule #CrewDragon (mission Spx-DM2). Comme prévu, les moteurs du premier étage se sont coupés à T + 85 s. Les boulons explosifs ont ensuite permis de séparer le lanceur Falcon 9 du Crew Dragon. L’explosion programmée de la fusée est intervenue à T+96 s tandis que les moteurs SuperDraco du Crew Dragon ont éloigné le vaisseau. L’ensemble a culminé à 40 km d’altitude et à une vitesse de Mach 2,2. Environ 2 mn 30 s plus tard, le vaisseau a largué son module propulsif avant d’entamer une chute libre, stoppée à 4 mn et 45s dans la chronologie par l’ouverture des quatre parachutes principaux. La capsule a été ensuite récupérée environ 8 mn après le décollage du LC-39 du centre spatial Kennedy (KSC). « Pour autant que nous puissions en juger, c'est une mission parfaite. Cela s'est aussi bien passé que ce à quoi nous pouvions nous attendre », s’est félicité Elon Musk, le fondateur de Space X. Pour sa part, Jim Bridenstine, l’administrateur de la #NASA estime que « ce test critique nous met sur le point de lancer à nouveau des astronautes américains sur des fusées américaines depuis le sol américain ». Mais Jim Bridenstine reste encore prudent dans la mesure où il a fait remarquer que l’analyse des données du vol reste encore à effectuer avant le retour des vols habités depuis le sol américain. Elon Musk estime cependant que son vaisseau pourrait être prêt à partir de fin février début mars pour le vol de qualification piloté du Crew Dragon mais que celui-ci devrait intervenir dans le courant du second trimestre 2020.

L’autre capsule prévue pour le transfert des astronautes jusqu’à l’ISS, le CST-100 Starliner actuellement sous enquête suite à son échec partiel du mois dernier, pourrait également voler vers la mi-2020.

Antoine Meunier

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