TROIS CONCURRENTS POUR L'ALUNISSEUR PILOTÉ DU PROGRAMME ARTEMIS

La maquette de l'alunisseur Blue Moon exposée pendant l'IAC 2019 à Washington (Photo : LCS-A.Meunier).

La maquette de l'alunisseur Blue Moon exposée pendant l'IAC 2019 à Washington (Photo : LCS-A.Meunier).

La NASA a dévoilé vendredi les trois finalistes qui construiront le système qui doit permettre de déposer un équipage de deux astronautes au Pôle Sud de la Lune en 2024 dans le cadre du programme Artemis. Une première étape est certes franchie mais le calendrier reste très serré.

Pour déterminer l’acteur qui construira le nouveau module lunaire habité, la NASA a choisi d’attribuer une enveloppe dont la valeur totale est de 967 millions de dollars. Parmi les trois lauréats dévoilés vendredi, Blue Origin, qui a reçu 579 millions, avait déjà donné un aperçu de son futur module lunaire habité lors de l’IAC 2019 qui s’est tenu à Washington au mois d’octobre dernier. Pour la société fondée par Jeff Bezos, il s’agit d’un partenariat tripartite puisque Blue Origin développe l’élément qui doit permettre d’assurer l’alunissage. Celui-ci est basé sur l’alunisseur Blue Moon, en développement depuis plusieurs années, et le moteur BE-7 (lox-hydrogène). Lockheed Martin, qui assure déjà la maitrise d’œuvre du vaisseau Orion, doit développer quant à elle l’élément réutilisable de retour vers l’orbite ainsi que les opérations de vol piloté et l’entrainement des équipages qui auront peut-être la chance de marcher dans les traces de leurs glorieux ainés de l’époque Apollo. Enfin, Northrop Grumman met au point l’élément de transfert qui assure la mise sur orbite basse autour de la Lune. La société possède déjà une expertise des véhicules lunaires, puisque dans les années 60 c’est elle qui avait mis au point le module lunaire (LM) du programme Apollo. Le dispositif final construit par ces 3 sociétés, baptisé l’Integrated Lander Vehicle (ILV), doit pouvoir être lancé par une fusée New Glenn.

Dans la solution d'alunissage préconisée par Dynectics, Thales Alenia Space fournirait le module pressurisé (Image : Dynetics).

Dans la solution d'alunissage préconisée par Dynectics, Thales Alenia Space fournirait le module pressurisé (Image : Dynetics).

Un seul acteur européen

Le second finaliste dévoilé par la NASA est la firme Dynectics (dont la dotation NASA est de 253 millions de dollars), filiale du groupe Leidos, qui développe un dispositif susceptible de s’intégrer sur la version en version Block 1B du Space Launch System (SLS). Il peut également s’intégrer sur le futur lanceur Vulcan d’ULA et dont le vol inaugural doit avoir lieu l’année prochaine. Thales Alenia Space Italy est la seule société du secteur spatial européen de ce partenariat de 25 sociétés dans lequel on retrouve notamment Sierra Nevada Corporation ou encore Maxar Technologies. La sélection de l'entité italienne est assez logique compte tenu de l’expérience acquise par la société sur les modules de vie pressurisés de l'ISS (Harmony, Tranquility et Columbus). Il est ainsi prévu que TAS Italy conçoive le volume habitable du véhicule lunaire chipote par Dynetics et qu'il soit capable d’accueillir deux personnes pendant une semaine. Parmi les autres points du cahier des charges, la société doit également développer les protections thermiques et celles prévues pour résister aux impacts de micrométéorites.

Pour sa part, Space X envisage pour se poser sur la Lune la solution entièrement intégrée du Starship qui requiert l’utilisation du Falcon Super Heavy. Cette option a reçu pour cela 135 millions de dollars de la part de la NASA. Une solution techniquement complexe, le premier étage compte 37 moteurs à faire fonctionner simultanément. L’échéance d'un alunissage en 2024, imposée par la Maison-Blanche, parait donc difficilement tenable pour Space X. Pour l'heure, les finalistes doivent atteindre la revue de conception technique (CDR) qui est maintenant fixée dans moins de dix mois. Rendez-vous en février 2021 pour la poursuite de cette compétition qui doit permettre d'ici 4 ans le retour des premiers astronautes sur la Lune depuis 1972.

Antoine Meunier

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