Retour en vol réussi pour Vega

16ème décollage et 15ème mission réussie pour le lanceur d'Avion (Photo : ESA).

Cette mission se sera fait attendre. Près de 2 mois après la date initialement retenue à l’issue du confinement, la mission VV16 du lanceur Vega s’est finalement envolée depuis le Centre spatial guyanais dans la nuit de mercredi à jeudi dernier.

Ce lancement de Vega aura été un véritable feuilleton. Planifié à la base fin mars, il a été reporté à la suite du confinement qui a entrainé la fermeture du centre spatial guyanais (CSG) pour juguler l'épidémie de la bactérie covid-19. Au moment du déconfinement, Arianespace décide de reprogrammer le tir au 19 juin. Malheureusement, les vents violents d'altitude ont contraint les responsables d'Arianespace et du CSG à retarder une nouvelle fois le lancement. La nécessité de recharger les batteries, de la charge utile et du lanceur, ayant obligé à un démontage de la coiffe, la mission s'est vue reprogrammer une nouvelle fois. La mission a donc été reprogrammée dans la nuit du 1er au 2 septembre. Mais un ultime report est intervenu. Le typhon Maisak sur la Corée du Sud est à son tour venu perturber la chronologie du tir qui a été reportée de 24h. La station de poursuite de Jeju a du être fermé par sécurité mais le tir a finalement eu lieu avec succès mercredi 2 au jeudi 3 septembre à 3h51 du matin (heure de Paris). Le déploiement des satellites a commencé entre la 40ème et la 52ème minute après le décollage pour les plus gros satellites et à T+102 mn pour les plus petites charges.

Cette mission VV16 permet au SSMS d'effectuer son vol inaugural (Photo : ESA).

Ce tir, baptisé "Proof of Concept" (PoC), revêtait une double importance. En premier lieu, parce qu'il marque le retour en vol de Vega après plus d'une année d'interruption à la suite d'une défaillance du lanceur lors de la mission VV15 en juillet 2019. En second lieu, VV16 permet de tester un dispositif de mission partagée : le Small Spacecraft Mission System (SSMS). Mis au point par Avio, le premier exemplaire de ce dispositif a permis d'embarquer 53 smallsats sous la coiffe de Vega (65 en comptant les sous-satellites). Il transportait notamment 7 micro satellites d'une masse comprise entre 25 et 150 kg de même que 46 cubesats de taille inférieure pour un total de 21 clients selon les informations transmises par Arianespace. La charge utile comporte 5 satellites de plus de 40 kg dont le plus gros est Athena d'une masse de 138 kg et qui développé par Maxar Technologies sur la base d'une plateforme SSL-100. Exploité par la filiale de Facebook Pointview Tech, il s'agit d'un démonstrateur notamment destiné à tester la bande E des communications. La seconde plus grosse charge utile est le satellite Esail mis au point par la firme canadienne ExactEarth. D'une masse de 110kg, Esail est destiné à la détection des messages AIS (Système d'identification automatique) pour le suivi du trafic maritime. D'une masse de 65 kg, Nemo HD a été mis au point par l'UTIAS (institut des études aérospatiales de l'université de Toronto) pour le compte de Space SI. Il doit fournir de l'imagerie terrestre avec une résolution inférieure à 3 m. D'une masse de 44,9 kg, UPM-Sat-2 est le second satellite de l'Université Polytechnique de Madrid après UPM-LBSat-1 (lancé en juillet 1995). Il s'agit d'un démonstrateur technologique et éducatif. Et enfin, le cinquième plus gros passager de ce vol VV16 est NewSat-6 de l'opérateur argentin Satellogic. D'une masse de 43,5 kg et baptisé Hypatia, il s'agit d'un satellite de télédétection. Il est le 11ème opéré en orbite par la société depuis sa création en 2010.

Avec une performance demandée de 1327 kg demandée, il s'agissait de la sixième mission de l'année 2020 au centre spatial guyanais (CSG) et la 320ème pour la famille des lanceurs Arianespace. Ce qui permet à la société de totaliser aujourd'hui 744 satellites lancés par la société.

Antoine Meunier

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