Besoin de ruptures

A sa descente de la capsule Dragon la semaine dernière, Sophie Adenot a ressenti, comme à peu près la moité des astronautes de retour de l’espace, les symptômes inhérents à la gravité, dont les vertiges et nausées, car le corps doit réapprendre à retrouver son équilibre. Si elle reprend peu à peu contact avec la Terre, celle qui est aujourd’hui la recordwoman européenne de durée sur une seule mission a tiré un constat particulièrement réaliste : « Nous ne sommes pas prêts pour aller sur Mars…Imaginez le carnage si plus de 50% des astronautes se retrouvent avec des incapacités physiques…Il nous faut des ruptures technologiques ». Même après plus de 50 ans de vols habités autour de la Terre, il est bon de rappeler que la mission humaine vers Mars n’est clairement pas envisageable sans un saut technologique conséquent.
Mais ces ruptures technologiques, de quel doivent-elles être ? Sophie Adenot, le dit elle-même, il faut pouvoir raccourcir le temps de trajet entre la Terre et Mars. Dans ce domaine, la propulsion nucléaire apparaît comme l’une des pistes à privilégier. Depuis Apollo et le moteur nucléo-thermique (NTP) Nerva, la NASA en rêve. Annoncé en mars dernier, le véhicule expérimental SR-1 Freedom, qui doit s’envoler en 2028 pour la planète rouge, en sera-t-il la première étape ? « Il annonce une transformation majeure pour l’exploration spatiale », assure Jared Isaacman, l’administrateur de l’agence spatiale américaine, qui a signé le 8 octobre un décret accélérant ce programme. SR-1 utilisera une propulsion électronucléaire (NEP) qui lui fera rejoindre sa destination en un an. C’est encore très long. Il s’agit encore d’un démonstrateur technologique. A terme, peut-être qu’un véhicule alliant plusieurs options (alliant NEP et NTP ?) pour réduire drastiquement le temps de voyage jusqu’à Mars, finira bien par être disponible. Voilà pourquoi commencer par la Lune n’est déjà pas une mauvaise chose.
Antoine Meunier
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© La Chronique Spatiale (2021-2026)

Pour ma part, je pense que pour aller sur Mars, l'homme a surtout besoin de gravité artificielle.
La trajectoire en six mois a l'avantage de permettre un libre retour du vaisseau en cas de problème.
Les trajectoires plus rapides garantissent la mort de l'équipage en cas de panne de propulsion.