Rêves martiens

(LCS-A.Meunier).
Dans le budget de 22,1 milliards d’euros décroché lors du conseil ministériel à Brême, l’Agence spatiale européenne (ESA) dispose pour son programme d’exploration humaine et robotique (HRE) d’une dotation de presque 3 milliards (2,976 mds€ précisément) accordée par ses états membres. Une enveloppe qui servira notamment à mettre sur pied l’alunisseur Argonaut ou encore la capacité de cargo en orbite basse (LCRS) et surtout le rover Rosalind Franklin, 3ème avatar du programme Exomars, après l’atterrisseur Schiaparelli et l’orbiteur TGO. Initialement programmé en octobre 2022, son départ avait été annulé à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Si tout se passe maintenant comme prévu, Rosalind Franklin arpentera les sables de Mars d’ici moins de quatre ans. Une première technique attendue depuis de nombreuses années par l’Europe de l’espace. Profitant de la fenêtre d’octobre 2028, c’est un lanceur commercial américain qui assurera son lancement vers la planète rouge. Avant la fin de la décennie, l’Europe pourrait donc être la 4ème nation à disposer d’une astromobile sur Mars après la Russie, les Etats-Unis et la Chine avec Zhurong en 2021.
A la même époque que Rosalind Franklin, la prochaine étape martienne de l’Empire du Milieu devrait être une mission de retour d’échantillons. A plus longue échéance (vraisemblablement 2040), c’est une mission humaine qui se prépare comme l’a rappelé l’auteur spécialiste du spatial chinois Philippe Coué lors du congrès 2025 de l’Association planète Mars, branche française de la Mars Society, qui se tenait ce week-end à Paris. C’est encore une vision à long terme mais comme les taïkonautes pourraient arriver sur le sol sélène avant les astronautes du programme Artemis, pourraient-ils également arriver sur le sol martien avant leurs homologues américains, japonais et européens ? Sauf gros changement politique, on ne voit pas ce qui pourrait arrêter la Chine dans sa conquête du cosmos.
Antoine Meunier
© La Chronique Spatiale (2021-2025)
