Un million sinon rien

L’espace est-il infini ? Bien difficile aujourd’hui de répondre à cette question hautement. Pour Elon Musk, la réponse est en revanche tout ce qu’il y a de plus affirmative. Comme en témoigne la récente demande faite par SpaceX auprès de la FCC, l’agence américaine de régulation des télécommunications, pour lancer jusqu’à 1 million de satellites destinés à l’IA et au stockage des données. Selon le document, ces futurs data centers orbitaux constitueraient la première phase vers l’étape 2 de l’échelle de Kardachev, l’unité de mesure qui permet de constater l’avancée technologique. De quoi faire passer l’actuelle constellation Starlink pour un jouet. De plus, SpaceX argue qu’une telle solution permettrait de se passer d’eau pour refroidir les centres de données. Soit, mais comment les prémunir face aux rayonnements ?
Même s’il pourrait présenter certains avantages, un tel projet interpelle car, n’en déplaise à Elon Musk, la place autour de la Terre est, contrairement à ce qu’il pourrait penser, loin d’être infinie. Jusqu’à 2000 km d’altitude, ce n’est qu’une (vaste) « coquille » d’un volume de 2457 milliards de km3. Un volume sur lequel il faut déjà faire cohabiter les constellations, les satellites d’observation de la Terre, les cubesats, les débris des lancements réalisés, bref la majorité du trafic spatial actuel. C’est sans compter sans les structures habitées qui sont très largement susceptibles d’être endommagées. Lors de son 2ème périple vers l’ISS en 2021, Thomas Pesquet et ses compagnons, alors à bord de leur capsule Dragon, avaient connu, eux aussi une alerte au débris les obligeant à revêtir leur scaphandre de vol en urgence.
Ce nouveau projet d’Elon Musk, dont le sens finit par nous échapper il faut bien le dire, aura tout de mêm un mérité. Il montre la nécessité de réguler le trafic orbital. Mais comment faire pour imposer un cadre contraignant à l’ensemble des puissances ayant une activité spatiale ? Là est tout le défi…
Antoine Meunier
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© La Chronique Spatiale (2021-2026)
