Eternel recommencement

La NASA l’a annoncé jeudi 12 mars, la prochaine tentative pour lancer la mission Artemis-2 vers la Lune n’aura désormais pas lieu avant le 2 avril à 00h24 heure de Paris. S’il y a un imprévu, d’autres possibilités de décollage sont envisagées entre le 3 et le 6 avril en fonction du bon positionnement de la Terre et de la Lune. A Cap Kennedy, la fusée SLS devrait entamer son roll-out vers le pas de tirs LC-39B dès le 19 mars prochain. En espérant qu’il n’y ait pas de nouveau(x) report(s), il devrait donc (enfin) y avoir un équipage d’astronautes autour de l’Astre des nuits d’ici quelques semaines. Techniquement, ce sera aussi le 10ème vol habité interplanétaire de l’histoire de l’astronautique. Pour le débarquement en surface, il faudra attendre au mieux d’ici 2028 avec la mission Artemis-4 puis Artemis-5 avec l’un ou l’autre des alunisseurs disponibles, le Starship de SpaceX ou alors le Blue Moon de Blue Origin.
L’objectif pour les Etats-Unis reste d’arriver sur le sol lunaire avant la Chine qui ambitionne de poser son premier équipage de taïkonautes avant 2030. Avec Artemis-2, la NASA assure un remake d’Apollo 8. En envoyant des astronautes autour de la Lune en décembre 1968, l’agence spatiale américaine prenait à l’époque une longueur d’avance définitive sur l’URSS. Aujourd’hui, les choses sont tout de même un peu différentes puisque la Chine déroule sa feuille de route depuis 25 ans alors que l’Oncle Sam n’a vraiment clairement défini ses nouvelles intentions lunaires qu’il y a moins d’une décennie. Mais d’ici quelques années, quand les tensions seront redescendues, pourquoi les USA et la Chine ne joueraient-ils pas une partition similaire à celle de la mission Apollo-Soyouz de 1975 avec une poignée de main sur le sol sélène entre un taïkonaute et un astronaute ? On peut toujours rêver argueront les grincheux. Soit mais l’histoire n’est-elle pas un éternel recommencement ?
Antoine Meunier
© La Chronique Spatiale (2021-2026)
