Edito

Nord et Sud

(CNES).

            Au-delà du Cercle Polaire sur la base d’Esrange tout au nord de la Suède, le démonstrateur d’étage réutilisable Themis d’ArianeGroup, auquel nous consacrons un article dans la dernière sélection de la Newsletter-LCS, attend patiemment d’effectuer ses premiers bonds. Tandis qu’au Sud, dans la moiteur de la Guyane, c’est son homologue du CNES, CALLISTO (Cooperative Action Leading to Launcher Innovation in Stage Toss-back Operations), qui se dresse à présent sur le pas de tir des mini-lanceurs (ELM) autrefois dédié à la fusée Diamant. Ce n’est pour l’instant qu’une maquette grandeur nature mais cela faisait tout de même 51 ans qu’un engin spatial n’avait pas été érigé sur cette zone du CSG. A 9 000 km de distance, les deux véhicules qui doivent permettre à l’Europe de tester les technologies de la réutilisation donnent l’impression de se répondre. Là où les mini-lanceurs doivent commencer à s’élancer vers l’espace l’an prochain – l’espagnol Miura-5 de PLD Space devrait être le premier -, Callisto, qui est une collaboration entre la France, le Japon et l’Allemagne, effectuera lui aussi ses premiers essais très probablement dès l'année prochaine (à l’officialisation du programme en 2016, son premier décollage était annoncé pour 2019). La date du vol inaugural n’est toutefois pas encore connue. Du haut de ses 13 m et de ses 4 t, il doit effectuer une première campagne d’une dizaine de tirs qui doit le mener à environ 20 km d’altitude.

            Son arrivée en Guyane et celle de Themis en Suède sont des signaux positifs, mais le chemin qui mènera l’Europe à exploiter à son tour un lanceur semi-réutilisable, équivalent au Falcon 9, paraît tout de même encore long.

Antoine Meunier

 

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