Edito

Indicateur de tendance

(NASA)

Au moment de l’écriture de ces lignes, l’équipage de la mission Artemis-2 se trouve en chemin pour survoler la Lune. Une mission attendue depuis des décennies et qui constitue l’essentiel du contenu de cette 82ème livraison de la Newsletter-LCS (déjà ?). Sur la toile, Artemis-2 suscite des réactions qui vont de l’indifférence à l’extase totale. Entre les deux, un point de vue, revenu à de très nombreuses reprises, a retenu mon attention : « pourquoi refaire en moins bien ce qui a été fait il y a un demi-siècle ? ». Dans sa nouvelle mouture, Artemis évoque Apollo. Pour conserver une chance d’arriver sur la Lune avant les taïkonautes, la NASA a compris qu’elle ne pouvait pas se permettre de sauter certains chapitres techniques. Elle se trouve aujourd’hui dans la même position qu’un pianiste classique qui n’aurait pas fait ses gammes depuis des années. Artemis-2 évoque Apollo 8 tandis qu’Artemis-3, l’année prochaine, servira à qualifier le vaisseau Orion pour un amarrage avec un alunisseur (Starship ou bien Blue Moon) autour de la Terre exactement comme Apollo 9 en mars 1969. Retrouver une compétence non exploitée depuis plus d’un demi-siècle est donc loin d’être aussi simple qu’il y paraît. On ne va pas sur la Lune comme on rejoint l’ISS. L’agence spatiale américaine ne tente donc pas de refaire ce qu’elle a accompli il y a un demi-siècle mais de prolonger ce qui a été laissé en suspens à l’issue de la mission Apollo 17. Et une autre question reste en suspens : le public sera-t-il au rendez-vous lorsqu’il y aura cette fois-ci un alunissage habité théoriquement programmé au début de 2028 ? Les 400 000 spectateurs présents sur la Space Coast, mercredi 1er avril pour ce dixième décollage habité vers notre satellite, sont un bon indicateur...

Antoine Meunier

 

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