Vers une transition ?

Alors que Sophie Adenot poursuit sa mission Epsilon à bord de l’ISS, ses collègues de l'ESA Thomas Pesquet et Arnaud Prost prendront sa suite l’année prochaine. Deux astronautes français dans l’espace la même année, ce n’était plus arrivé depuis 1999 avec, à l’époque, les missions (quasi) simultanées de Jean-Pierre Haigneré et Michel Tognini. Perseus sur la station Mir pour le premier et STS-93 sur la navette américaine Columbia pour le second.
Faut-il se féliciter de ces nouvelles opportunités de vol ? « Il s’agit d’astronautes professionnels qui représenteront leur pays et leur institution pour accomplir un programme de recherches », rappelle Lionel Suchet le directeur adjoint du CNES dans l’interview disponible dans la livraison de ce jour de la Newsletter-LCS. Les programmes en question des deux astronautes sont en cours d’élaboration. L’expertise de l’agence spatiale française en matière de vols habités n’est plus à démontrer puisqu’elle s’étale sur plus de quatre décennies (ce qui prouve quand même son intérêt) et, dès l’année prochaine, un total de 22 missions réalisées en partenariat avec la Russie et les Etats-Unis. Mais le partenariat se situe également avec les sociétés impliquées dans chacune de ces mêmes missions. Dans le cas de celle de Sophie Adenot, la simple lecture du dossier de presse de la mission Epsilon le rappelle. Par ailleurs, le choix de l’entreprise américaine VAST d’implanter son futur siège européen à Paris n’est pas non plus anodin. Si Thomas Pesquet doit retourner sur l'ISS, Arnaud Prost participera à l’activation du laboratoire Haven-1, une nouvelle station spatiale. S’il y a évidemment un aspect politique inhérent aux vols habités, une mission telle que celle-ci ne peut être confiée qu’à un professionnel et certainement pas à un « touriste » comme on a pu le lire sur certains réseaux sociaux. Si le calendrier de lancement de Haven-1, pour l’instant fixé au premier trimestre 2027, est tenu, il pourrait marquer le début de la transition des activités humaines post-ISS du secteur institutionnel vers le privé comme cela est souhaité par les agences depuis maintenant près d’une décennie.
Antoine Meunier
Découvrir nos abonnements
© La Chronique Spatiale (2021-2026)
