Starlink V1.0 Launch 12, enfin sur orbite

La mission Starlink12 a enfin décollé (Photo : Space X).

Clouée au sol depuis mercredi dernier à la suite de problèmes techniques et d’une météo capricieuse qui aura retardé son lancement, la onzième mission Starlink de l’année, réalisée par le lanceur Falcon 9, a finalement décollé ce mardi à 13h30 heure de Paris.

Presque une semaine après son premier essai, la quatrième tentative aura donc été la bonne pour cette 13ème mission Starlink, (la 12ème avec des satellites opérationnels). Space X a ainsi procédé ce jour au lancement d’une nouvelle grappe de 60 satellites de la constellation dédiée à l’Internet. Pour la fusée Falcon 9, c’était le 94ème lancement depuis le début de sa carrière. Mais depuis le 1er janvier 2020, la firme de Hawthorne a procédé à 17 lancements différents avec son vaisseau amiral. Parmi ces missions, l’une des plus importantes aura été le vol de qualification Demo-2 le 30 mai dernier qui a permis le retour en vol des astronautes américains depuis le Centre spatial Kennedy (KSC). Le premier vol opérationnel de Crew Dragon est à présent programmé à partir du 31 octobre. Pour cette mission, un nouveau booster de premier étage sera utilisé (B1061.1). Sa réutilisation est d’ores et déjà planifiée pour la mission Crew-2 au printemps prochain qui doit notamment permettre à l’astronaute français Thomas Pesquet de reprendre le chemin de la Station spatiale internationale (ISS). Si 2020 est encore loin d’être achevée, Falcon 9 aura été principalement mobilisée pour déployer la constellation Starlink avec déjà onze lancements réalisés. Ce tir Starlink 12, qui s’est parfaitement déroulé, permet à présent de porter le nombre de satellites lancé à 773. Mais au 24 septembre, on dénombre 37 satellites désorbités. 

A gauche sur l'écran, récupération réussie pour le booster 1058 (Image : Direct Space X).

Des besoins importants

Actuellement en phase de tests, et selon les premières informations disponibles, Starlink offrirait une vitesse moyenne de téléchargement de l’ordre de 37,04 Mb/s avec une vitesse maxi allant jusqu’à 91,04 Mb/s et un temps de latence de 18 millisecondes. Des pointes à 103 Mb/s auraient même été enregistrées depuis le début de la phase d’expérimentation. Selon une information du site ZNet, Starlink table sur des vitesses de téléchargement comprises entre 102 Mb/s et 103 Mb/s en position descendante, et de l’ordre de 40,5 Mb/s à 42 Mb/s en position montante, et un  latence de 18 à 19 millisecondes. Se pose également la question des terminaux au sol. Les besoins seraient tel que Space X a demandé à la commission fédérale des communications (FCC), l’autorité américaine de régulation des télécommunications, l’autorisation de déployer jusqu’à 5 millions de terminaux d’utilisateurs finaux. Toujours selon ZNet.fr, 700 000 utilisateurs potentiels de Starlink se sont inscrits pour être informés de la disponibilité du service Starlink. A noter que le réseau a été récemment mis à disposition des services d'urgence américains suite aux incendies qui ont ravagé la Californie. Par ailleurs, Elon Musk a indiqué dans un tweet qu’une version beta pourrait être ouverte au public nord-américain très prochainement et une couverture mondiale devrait suivre. Rappelons que la constellation a besoin d’au moins 400 satellites en orbite pour offrir une couverture Internet réduite et 800 pour une couverture moyenne.

Déploiement réussi pour 60 nouveaux satellite Starlink (Image : direct Space X).

43ème vol avec une fusée récupérée

D’ici la fin de l’année, ce chiffre pourrait être dépassé puisque parmi les prochains tirs du Falcon 9, deux autres missions Starlink sont envisagées d’ici le mois de novembre. La dernière de ces missions dédiées au déploiement de la constellation devrait même être un vol partagé. Il n’y a pour le moment pas d’informations quant à l’éventuel passager supplémentaire qui embarquera sur ce nouveau vol Starlink. Le lanceur qui a été utilisé ce mardi (B1058) est celui qui a permis de propulser dans l’espace les astronautes Doug Hurley et Bob Behnken le 30 mai dernier. Il avait également servi le 20 juillet dernier pour placer en orbite le satellite de télécommunications coréen ANASIS-II. Cette mission est aussi la 43ème réalisée avec une fusée déjà utilisée. Selon les données de vol, la charge utile a été déployée comme prévu à T+62 minutes après le décollage, le booster a pu être récupéré sur la barge Of Course I Still Love You, ce qui ouvre la voie à une quatrième réutilisation. En revanche, une seule demi-coiffe a été récupérée. Le prochain tir Starlink est envisagé à partir du 10 octobre. Cependant, toutes missions confondues, Space X envisage de réaliser encore au moins neuf lancements d’ici la fin de l’année.

Antoine Meunier

 ©                                 La Chronique Spatiale (2020)

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