Séances de torture pour le JWST

Le JWST a subi des tests qui doivent démontrer sa capacité à résister aux contraintes d'un lancement (Photo

Attendu pour un lancement en octobre 2021 depuis le Centre spatial guyanais (CSG), le successeur du télescope spatial Hubble (HST) vient de franchir avec succès une nouvelle étape. Il vient en effet de réussir ses tests environnementaux dans les installations de Northrup Grumman en Floride.

Avec une facture dépassant aujourd’hui les 10 milliards de dollars, le James Webb Space Telescope (JWST) est l’un des engins spatiaux les plus coûteux qui soient. Deux cent-cinquante-huit entités (industrielles et institutionnelles) réparties dans vingt pays sont impliquées dans ce qui aujourd’hui le plus ambitieux télescope spatial de la Conquête spatiale. Outre le lancement sur Ariane 5, l'Europe contribue également avec le Mid InfraRed Instrument (MIRI). Rappelons aussi les quatre principales tâches de JWST: recherche de la lumière des étoiles et galaxies, étude et formation de notre galaxie, compréhension des mécanismes de formation des étoiles et étude de la formation des systèmes planétaires et de la formation de la vie. Sa mission primaire d’une durée de 5 ans et demi doit s’effectuer dans le proche et moyen infrarouge. A la différence de Hubble, JWST ne sera pas déployée en orbite basse mais devra se placer en orbite autour du point de Lagrange L2 situé à très exactement 1,5 million de km dans l’ombre de la Terre. L'engin de 6,2 t devra voyager pendant un mois dans l’espace avant d'arriver à destination. Cet instrument, dont l’aspect évoque plus un mille-feuilles qu’un instrument d’observation astronomique à la différence de son prédécesseur, doit pouvoir fonctionner à des températures très basse compte tenu du spectre lumineux choisi (la réalisation d'images dans le visible figure aussi au menu). Le bouclier thermique doit en effet maintenir l’instrumentation scientifique à une température très basse, de l'ordre de -240 degrés.

Il faudra environ un mois de voyage au télescope spatial James Webb pour rejoindre le point L2 (Image : NASA).

Résister au lancement

Cependant avant de débuter sa mission, le JWST devra franchir une étape importante, en l’occurrence celle de son lancement dans l’espace. Celui-ci est planifié à partir du 31 octobre 2021 depuis le Centre spatial guyanais (CSG) à l’aide d’une Ariane 5 ECA. Dans cette optique, le télescope vient d’achever ses tests environnementaux (acoustiques et sinusoïdaux) dans deux installations distinctes de Northrop Grumman à Redondo Beach en Californie. Le JWST a donc été soumis à une véritable séance de torture pour tester sa capacité de résistance aux bruits et aux vibrations. L’idée était de soumettre l’instrument à un niveau de pression acoustique supérieur à 140 décibels dans un spectre proche de celui du lanceur Ariane 5. Après cette étape, JWST a été transféré dans une chambre séparée où il a subi une série d’essais de vibration sinusoïdale sur une table de vibration afin de simuler les accélérations verticales et horizontales dans les basses fréquences rencontrées pendant un lancement. L’objectif est de montrer la capacité de résistance de l’instrument à l’environnement de vol avec des marges importantes. Il reste encore d’autres étapes à franchir avant que le télescope ne prenne le chemin de l’espace. Il est en effet prévu que son bouclier thermique de 22 mètres de long réalise des essais de déploiement. Une évaluation complète des systèmes est également prévue avant que le JWST ne soit soigneusement encapsulé pour rejoindre la Guyane. Ce qui aura vraisemblablement lieu courant 2021.

Antoine Meunier

©                                 La Chronique Spatiale (2020)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *