Echec au décollage pour la mission VV17

Le lanceur Vega de la mission VV117 quelques secondes avant un décollage qui avait pourtant parfaitement réussi (Image : direct Arianespace).

Ce septième lancement de l’année depuis la base de Kourou devait permettre de placer sur orbite les satellites du CNES Taranis et de l’ESA SEOSAT-Ingenio. La mission a été perdue après seulement huit minutes de vol. C’est le second échec de Vega en un peu plus d’un an.

2020 est décidément une année à oublier. Malheureusement le 10 juillet 2019, la mission VV15 de Vega s’était déjà soldée par un échec après seulement deux minutes de vol. A l’époque, une anomalie était apparue après environ deux minutes de vol dans le dôme avant du moteur Zefiro 23 qui équipe le second étage. Cette même anomalie avait ensuite entrainé une défaillance structurelle qui avait mené les équipes techniques d’Arianespace à procéder à la destruction du lanceur. Ce qui a bien sur entrainé la perte de la charge utile : le satellite d’imagerie émirati Falcon Eye. Le problème survenu dans la nuit de lundi à mardi, sur le lanceur de la mission VV17, est intervenu bien plus tard dans la chronologie et n'a donc rien à voir celui de l'année dernière. La défaillance s’est produite dans l’étage supérieur AVUM qui, selon le plan de vol devait être allumé à cinq reprises jusqu’à la séparation finale des deux satellites. SEOSAT-Ingenio (observation de la Terre) et Taranis (étude des phénomènes orageux) auraient ainsi dû être placés sur orbite héliosynchrone à environ 700 km d’altitude. Il semble malheureusement qu’une perte de puissance soit intervenue juste après le premier allumage de l’étage supérieur AVUM qui aurait normalement dû avoir lieu juste après la séparation d’avec le troisième étage Zefiro 9 soit huit minutes après le décollage. L’ensemble a ensuite dévié de sa trajectoire et les satellites ont malheureusement été perdus.

L'échec du lancement VV17 a entrainé la perte des satellites SEOSAT-Ingenio et de Taranis, que l'on voit ici lors du remplissage de ses ergols au CSG (Photo : CNES).

Problème d’intégration ?

Selon les premières informations transmises par Arianespace, les données dépouillées laissent penser à un défaut de connexion, possiblement du à une erreur humaine, sur le système d’activation de la tuyère du quatrième étage AVUM, une commission d’enquête a été conjointement mise en place par Arianespace et l'agence spatiale européenne (ESA) pour déterminer ce qui s’est concrètement passé. Cet échec, le deuxième en seize mois pour Vega, devrait logiquement entrainer un arrêt momentané de l’exploitation du lanceur, le temps de comprendre ce qui s’est passé. Pas d'information sur les éventuelles conséquences pour Vega C dont le premier tir reste pour le moment toujours attendu l'année prochaine. Une bonne nouvelle quand même, l'échec ne remet nullement en cause l’actuel calendrier d’Arianespace. La société prévoit d’opérer encore trois tirs d’ici la fin de l’année avec trois lanceurs Soyouz dont un depuis le cosmodrome de Vostochny en Russie, et deux depuis la Guyane. Lors d’une conférence de presse téléphonique improvisée, Stéphane Israël, le président d’Arianespace, a déclaré que le dernier lancement planifié en 2020 au Centre spatial guyanais (CSG) doit intervenir vraisemblablement lors de la dernière semaine de décembre.

Antoine Meunier

©                                 La Chronique Spatiale (2020)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *