Première ébauche pour le budget 2022 de la NASA

Bien que soutenu par l'administration Biden, le premier alunissage piloté du programme Artemis parait difficilement envisageable pour 2024 (Image : NASA).

3 jours avant les célébrations du 60ème anniversaire du premier vol humain dans l’espace et du 40ème anniversaire du premier vol de la navette spatiale, la proposition de budget pour la prochaine année fiscale a été rendue publique. La hausse demandée est de 6,3 % par rapport à 2021. La demande de financement sera toutefois moins conséquente que celle envisagée lors de l’administration Trump.

Sous l’administration Trump, il était envisagé de réclamer au Congrès jusqu’à 27,1 milliards de dollars pour l’année fiscale 2022. Au cours de la dernière année du mandat de Donald Trump, la NASA avait finalement obtenu une enveloppe de 23,27 milliards pour l’année fiscale 2021 contre 25,2 milliards demandés. L’élection de Joe Biden en novembre dernier a redistribué les cartes. La hausse de budget souhaitée pour l’année prochaine par l’équipe de Joe Biden est fixée à 1,5 milliard de dollars mais reste largement en dessous de la demande de celle de son prédécesseur. Le financement souhaité pour la NASA, par la nouvelle administration en 2022, s’élève finalement à 24,7 milliards à répartir sur les principaux postes soit 6,3% de plus par rapport à 2021. Selon les toutes premières informations du document de 58 pages par le bureau américain de la gestion du budget (OMB), la demande discrétionnaire de l’état attribuerait 6,9 milliards de dollars pour le programme de retour habité lunaire Artemis soit une augmentation de 325 millions de dollars par rapport au niveau promulgué pour 2021, soit 6,56 milliards de dollars. Parmi les demandes faites pour Artemis l’année dernière, la présidence Trump réclamait notamment 3 milliards pour le développement du système d’alunissage habité (HLS). Elle n’avait obtenu que 850 millions. Initialement planifié pour 2024, le prochain atterrissage lunaire habité, qui prévoit un duo mixte d’astronautes, reste d’actualité mais ne dispose toujours pas d’échéance. Pour l’ISS, il est en revanche réclamé une dotation de 3 milliards qui seront destinés aux opérations de la station ainsi qu’au transport du cargo et des équipages.

Le télescope Nancy Grace (WFIRST) figure parmi les missions évoquées dans la proposition de budget 2022 de la NASA (Image : NASA).

Un budget en ajustement

Si l’exploration planétaire est bien sur évoquée, la demande chiffrée de budget pour ce poste n’est pour le moment pas citée. Seules sont évoquées les missions dont le retour d’échantillons martien (MSR), la sonde Europa Clipper qui doit explorer la lune jovienne Europe ou encore la mission aérienne Dragonfly qui doit décoller à partir de 2027 pour rejoindre Titan en 2034. Le télescope Nancy Grace (WFIRST) complète également cette liste. A 2 reprises, le président Trump avait tenté de l'annuler pour raisons budgétaires. Prévu pour un lancement au point de Lagrange L2 en 2025, il doit notamment servir à la recherche des exoplanètes. En ce qui concerne l’Observation de la Terre, la Maison Blanche propose un budget de 2,3 milliards de dollars en progression de 250 millions par rapport au niveau de 2021 afin « d’initier la nouvelle génération de satellites d’observation de la Terre pour étudier les questions climatiques urgentes ». Pourvu d’une dotation de 1,1 milliard pour le budget 2021, le programme de technologie spatiale de la NASA recevrait 325 millions supplémentaires pour être porté à environ 1,4 milliard. Une dotation qui serait notamment destinée à « de nouvelles technologies pour aider l’industrie spatiale commerciale à se développer ». Pour la recherche aéronautique, l’enveloppe demandée est de 915 millions (en augmentation de 86 millions). Enfin, la proposition prévoit une augmentation de 20 millions de dollars pour les programmes éducatifs de la NASA (STEM : Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques). Le budget "éducation" de 2021 avait été de 127 millions de dollars après 4 tentatives d'annulation par Donald Trump. Les arbitrages vont désormais commencer afin d'affiner la proposition globale. L’ensemble doit entériné par les 2 chambres (représentants et sénateurs) en vue de l’année fiscale 2022, avec une validation par le président Biden au plus tard le 1er octobre.

Antoine Meunier

©                                 La Chronique Spatiale (2021)

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