La France, partenaire privilégié du programme Gaganyaan

De gauche à droite, Unnikrishnan Nair, Directeur du HSFC, K.Sivan patron de l'ISRO, Jean-Yves Le Drian et Mathieu Weiss (CNES) lors de la ratification de l'accord (Photo : ISRO).

A la suite de la visite officielle de Jean-Yves Le Drian en Inde, le ministre français des Affaires étrangères, le CNES et l’ISRO, l’agence spatiale indienne, ont officialisé jeudi 15 avril un nouvel accord de coopération portant sur les vols habités. Un domaine auquel la France fournit une expertise à l’Inde.

Lancé officiellement dès août 2018 avec l’aval du premier ministre Narendra Modi, le programme de vols habités indien Gaganyaan prévoyait initialement la réalisation de 2 vols automatiques fin 2020 et fin 2021 et l’exécution d’une première mission habitée en juillet 2022 pour le 75ème anniversaire de l’indépendance indienne. Les effets de la pandémie de Covid-19 ont contraint les autorités indiennes à décaler le calendrier. Le premier vol non piloté (Gaganyaan 1) n’aura pas lieu avant la fin de cette année tandis que le second test (Gaganyaan 2) interviendrait à la mi-2022. L’androïde Vyommitra, un équivalent du R2 américain mis au point par l'ISRO, doit être installé à bord du vaisseau lors de ces 2 essais automatiques. Le premier vol habité (Gaganyaan 3) pourrait avoir lieu au plus tôt fin 2022 ou au début de 2023. Les dates restent encore sujettes à caution. Le lanceur employé sera le GSLV Mk3 dont la certification au vol habité « suit son cours de manière nominale », précise Mathieu Weiss, le représentant du CNES à Bangalore. Dans la perspective de cette grande première, l’accord signé le jeudi 15 avril prévoit notamment que l’agence spatiale française formera en France les médecins de vol et les équipes CAPCOM de contrôle. Les personnels de l’ISRO seront formés à Toulouse au Centre d’Aide et de Développement des activités en Micro-pesanteur et des Opérations Spatiales (CADMOS) ainsi qu’au Centre Européen des Astronautes (EAC) de l’ESA à Cologne. Des équipements français testés sur l’ISS devraient également voler à bord de la future capsule indienne. L’accord prévoit aussi un volet sur le conditionnement des denrées alimentaires que les astronautes indiens pourront consommer une fois sur orbite.

Selon l'ISRO, la capsule Gaganyaan pourra transporter jusqu'à 3 cosmonautes (Photo : ISRO).

Long terme

Avec la mise en place d’un groupe de travail commun dès 2018, le travail est toutefois déjà entamé. Pour la suite, le CNES et l’ISRO planifient ainsi des formations en présenciel « dès que possible ». Compte tenu des circonstances sanitaires, « ces sessions se poursuivront en ligne mais nous nous tenons prêts à basculer dès que cela sera envisageable avec des formations en présenciel », précise Mathieu Weiss. A plus longue échéance, la coopération entre l’ISRO et la France pourrait également aboutir à un soutien technique pour la construction d’infrastructures d’entrainement pour les astronautes (vyomanauts) indiens. Il est également envisagé que ceux-ci puissent, à plus longue échéance, venir s’accoutumer à l’impesanteur à bord de l’A-310 Zéro-G de la firme Novespace. Le mois prochain, les 4 candidats vyomanauts retenus pour le vol Gaganyaan 3, et dont l’identité reste encore secrète, doivent démarrer leur entrainement spécifique au vaisseau Gaganyaan. L’entrainement générique en Russie est terminé. Si la première mission habitée indienne aura une durée allant jusqu’à une semaine, il est admis que des études ont été lancées pour envisager des missions de longue durée avec un amarrage à une station spatiale équivalente à la Saliout russe des années 70/80, peut-être à partir de 2030. Outre le vol habité, la coopération franco-indienne spatiale (démarrée dès 1964), prévoit cette année le lancement en octobre de la mission océanique conjointe OCEANSAT-3-Argos avec le lanceur PSLV.

Antoine Meunier

©                                 La Chronique Spatiale (2021)

2 réflexions sur “La France, partenaire privilégié du programme Gaganyaan

    • 25 avril 2021 à 19h50
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      Merci pour votre commentaire. Avec un budget 3 à 4 fois inférieur à celui de l'Europe spatiale, les ambitions indiennes sont impressionnantes.
      A.Meunier

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