Retour en vol réussi pour Vega

Retour en vol réussi pour le petit lanceur d'Avion avec la mission VV18 (Photo : ESA-S.Corvaja).

72 heures après le vol ST-31 de Soyouz depuis Vostochny, Arianespace a opéré un second lancement cette fois-ci depuis la Guyane : VV18 de Vega. Une mission qui a notamment placé sur orbite le satellite Pléiades Neo 3 et qui permet de lancer pour la première fois de l’année depuis le Centre Spatial Guyanais (CSG).

Depuis le 29 décembre dernier et le lancement réussi du satellite CSO-2 par un Soyouz (VS25) pour le compte du Ministère des armées, l’activité était en effet plutôt calme sur la base de Kourou. Pour Arianespace, mais également pour Avio, ce lancement était crucial dans la mesure où il marque le retour en vol de Vega qui a connu 2 échecs : le premier en 2019 (VV15) à la suite d’une défaillance du second étage et le deuxième, lors de la mission VV17 en septembre dernier à la suite d’une anomalie sur l’étage AVUM. La commission d’enquête mise en place après VV17 avait conclu que l’échec de ce lancement était « dû à un câblage et à une connexion incorrects des actionneurs électromécaniques du système de contrôle de vecteur de poussée de l’étage supérieur AVUM », selon les informations du communiqué d’Arianespace du 18 décembre dernier. Afin de permettre un retour en vol rapide, plusieurs actions correctives ont été menées parmi lesquelles des inspections et des tests sur les composants matériels des 2 exemplaires suivants de Vega, en l’occurence VV18 mais également VV19 (qui doit lancer Pleiades Neo 4 peut- être la deuxième quinzaine de juillet). L’intégralité de ces modifications permet donc le retour en vol de Vega après 162 jours d’interruption. Un tir qui a également requis l’utilisation du dispositif de lancement partagé SSMS dont l’équivalent MLS est attendu sur Ariane 6 à partir de l’année prochaine.

Pléiades Neo 3 doit livrer ses premières images à partir de la semaine prochaine (Image : Airbus).

6 passagers embarqués

Le lanceur a décollé depuis l’Ensemble de Lancement Vega (ELV) mercredi soir à 22h50 heure locale, soit 3h50 du matin heure de Paris. Sous la coiffe se trouvait 6 charges utiles. La principale était le satellite Pléiades Neo 3, premier d’une constellation de 4 satellites intégralement financée par Airbus pour un investissement global de 600 millions d’euros, qui a était placé sur orbite polaire à 600 km d'altitude. D’une masse de 920 kg, il doit fournir des images de 30 cm de résolution en étant jusqu’à 5 fois plus réactif par rapport aux constellations existantes. Il s’agira notamment de permettre des acquisitions avec un délai de 30 à 40 mn notamment en cas de catastrophes naturelles. Il doit fournir des données au rythme de 1,8 Go/s via le système EDRS. La durée de vie envisagée est de 8 ans avec une extension possible de 2 années supplémentaires. Parmi les 5 passagers auxiliaires se trouvaient le microsatellite Norsat-3 développé par Space Flight Laboratory (SFL) pour le compte de l’agence spatiale norvégienne. Succédant à NorSat-1 et NorSat-2, il s’agit d’un véhicule de 15 kg équipé d’un radar de navigation destiné à la surveillance du trafic maritime. Les 2 cubesats LEMUR-2 de 3U chacun, opérés pour le compte de l’américain Spire, ont également pour mission la prise de données terrestres pour fournir un suivi sur les trafics aérien et maritime ainsi que pour la fourniture de données météorologiques. Dernière charge utile embarquée : le cubesat de 6U Tyvak-182A opéré pour le compte d’Eutelsat. Il doit servir de relais de transmission sur les zones non desservies par les relais terrestres. Enfin, BRAVO, un cubesat de 6U déployé pour Aurora Insight, doit effectuer des relevés de données sur les radiofréquences de la société. Compte tenu des contraintes sanitaires encore en vigueur en Guyane, le prochain lancement depuis le CSG n’est maintenant pas envisagé avant l’été. Selon nos informations, il s’agira soit du prochain tir Vega (VV19) ou d’un lancement Ariane 5 (VA 254). La prochaine mission déployée par Arianespace est le vol ST-32 pour le compte de Oneweb depuis le cosmodrome de Vostochny fin mai.

Antoine Meunier

©                                 La Chronique Spatiale (2021)

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