L'ISS, une 2ème maison pour Thomas Pesquet

Un planning bien chargé attend Thomas Pesquet durant les 6 mois de la Mission Alpha (Photo : LCS-A.Meunier/visioESA).

A J+7 après son décollage depuis le Centre spatial Kennedy (KSC), l’astronaute français donne de ses nouvelles lors d’une conférence depuis l’orbite retransmise dans les locaux parisiens du CNES. Récit d’une rencontre en toute décontraction par écran interposé avec un astronaute de retour dans sa deuxième maison.

Si d’ordinaire il faut 40 à 45 mn pour enfiler un scaphandre intravéhiculaire et ranger l’intérieur d’une capsule spatiale, l’équipage de la mission Crew-2 l’aura réalisé en seulement "19 mn et 30 secondes" lors de l’alerte débris survenue pendant la montée du Crew Dragon vers la Station spatiale internationale de vendredi dernier. Un événement qui était fort heureusement sans gravité. « Il s’agissait en fait d’une simulation de la Space Force qui est arrivé jusqu’à la NASA, ce qui malheureusement n’aurait pas du arriver », nous explique Thomas Pesquet qui ne cache pas son plaisir d’être de nouveau à bord de la station. Quelques instants auparavant avant cet incident, l’équipage s’était même préparé pour son temps de sommeil. « C’était un bon exercice pour nous. Nous avions sorti toutes nos affaires pour passer une nuit tranquille. Nous avions les sacs de couchage, la nourriture, nos habits. Nous étions prêts. Et d’un seul coup, nous avons ce message très calme qui nous dit : ‘équipage de Crew Dragon, il faudrait que vous soyez dans 20 mn au maximum dans vos sièges en scaphandre, sanglés et casques fermés’… ». Heureusement pas de scénario à la Gravity, souligne d’ailleurs l’astronaute de l’ESA dont le second séjour de longue durée sur l’ISS ne fait que commencer. Pour le moment, la station compte encore 11 occupants. Une équipe presque exclusivement composée de vétérans à l’exception de Victor Glover (Crew-1) et Piotr Dubrov (Soyouz MS-18) qui réalisent tous les 2 leur baptême de l’espace. Une colocation un peu particulière qui cumule la bagatelle de 24 missions habitées et « qui se passe très très bien », insiste le normand. De la place doit même se libérer puisque l’équipage de Crew-1 devait redescendre à bord de la capsule Resilience (Crew Dragon C206) le samedi 1er mai.

Comme lors de la mission Proxima, Thomas devrait réaliser au moins une sortie dans l’espace (Photo : ESA).

4 EVA prévues

Au cours des quelques 185 jours qui lui reste encore à passer sur le complexe orbital international, Thomas Pesquet doit prendre part, directement ou indirectement, à un panel d’expériences assez colossal : 232 au total. Une douzaine de ces manipulations a été mise au point par le CADMOS (CNES) pour la mission Alpha. Outre un travail scientifique particulièrement dense, l’astronaute de l’ESA devrait également effectuer au moins une sortie extravéhiculaire pendant son nouveau séjour en microgravité. Lors de la mission Proxima il y a maintenant 4 ans, il avait réalisé 2 escapades à l’extérieur de la station en compagnie de Shane Kimbrough pour un temps passé total dans le vide spatial de 12h32 mn. Ce binôme franco-américain d’astronautes avait notamment procédé à un changement de batteries électriques et travaillé sur le bras manipulateur DEXTRE. Dans le cadre de l’Expédition 65 « 4 EVA sont prévues dans le programme de la mission. On sait que cela dépend toujours des matériels qui doivent arriver avec des véhicules cargos », nous confie-t-il. Dans le cas présent, les astronautes auront pour délicate tâche de s’éloigner d’une bonne cinquantaine de mètres du sas de sortie. Vêtus de leur scaphandre, ils devront se rendre sur la partie gauche de l’ISS afin d’y installer de nouveaux panneaux solaires sur le segment orbital américain (USOS) du complexe qui se présentent sous la forme d’une structure déroulante d’une vingtaine de mètres de long. Ceux-ci doivent être délivrés par la mission cargo CRS-22 de Space X qui est planifiée à partir du 3 juin. La première sortie devrait donc logiquement avoir lieu aux prémices de l’été.

Antoine Meunier

©                                 La Chronique Spatiale (2021)

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