Levée de fonds pour Pangea Aerospace

Meso, un lanceur bi-étages destiné aux micro et nanosatellites (Image : Pangea Aerospace).

Positionnée sur le marché des petites charges utiles sur orbite basse, la start-up ibérique vient d’annoncer avoir bouclé un tour de table de 3 millions d’euros pour démarrer les premiers tests de son moteur fusée aerospike qui est destiné à équiper son futur micro-lanceur MESO.

Lors du dernier SIAE en 2019, les acteurs traditionnels de la filière avaient déserté la biennale du Bourget pour laisser la place aux nouveaux venus du New Space et leurs projets destinés à lancer les petits satellites. Parmi eux, se trouvaient notamment la start-up ibérique Pangea Aerospace créée l’année précédente et basée à Barcelone. Comptant aujourd’hui 15 personnes dans ses rangs, issues de 7 nationalités différentes, la société vient d’annoncer avoir levé 3 millions d’euros grâce à 5 investisseurs différents (Inveready, Primospace, Dozen Investments, E2MC et CDTI). La mise obtenue doit permettre de réaliser à partir du troisième trimestre prochain les essais du moteur aerospike qui doit équiper le lanceur bi-étages MESO. Fonctionnant avec un mélange méthane et oxygène liquide (CH4/Lox), le moteur est conçu sur la base d’un alliage de cuivre « présentant une excellente résistance mécanique et une conductivité thermique élevée ». L’objectif de Pangea Aerospace est de mettre au point le premier propulseur aerospike au monde utilisant le Methalox et qui soit imprimé en 3D. A la différence d’un moteur avec une tuyère classique, un moteur à tuyère aerospike pourrait utiliser de 25 à 30% d’ergols en moins à basse altitude, notamment au décollage, là où les poussées les plus importantes sont nécessaires. Pangea Aerospace vise un rendement de 15% supérieur par rapport à un moteur conventionnel. La technologie aerospike est étudiée depuis les débuts de la conquête spatiale, elle avait été envisagée sur le projet américain d’avion spatial X-33 à la fin des années 90 et dont le développement a été abandonné en 2001. Toutefois, elle se heurte aux problèmes suivants : le refroidissement et le poids supplémentaire de la rampe centrale qui permet de canaliser le jet de gaz.

Pour la propulsion de MESO, Pangea Aerospace a fait le choix de la propulsion aerospike (Image : Pangea Aerospace).

Une logique d’étapes

Travaillant sur cette technologie depuis maintenant 2 ans, Pangea Aerospace indique être en voie de résoudre ce problème grâce notamment à l’utilisation de la fabrication additive. « Grâce à l’impression 3D métallique, nous avons une liberté de conception qui nous permet de créer les géométries complexes des canaux de refroidissement et d’utiliser des matériaux ayant une très haute conductivité thermique et une forte résistance à la déformation », indique Xavier Llairo, le CCO et cofondateur de la firme. Dans la conception du moteur, qui est conçu en 2 parties, il est prévu de tester 2 alliages différents de cuivre. Xavier Llairo indique également que le méthane et l’oxygène liquide sont utilisés pour refroidir le moteur. Selon le dirigeant, l’efficacité obtenue de la tuyère aerospike doit permettre de maximiser la charge utile embarquée sur MESO. Prévu pour être réutilisable au moins 10 fois, il doit pouvoir lancer jusqu’à 150 kg de charge utile sur orbite basse (LEO). La récente levée de fonds réalisée par la société doit lui permettre de tester, dans un premier temps, plusieurs démonstrateurs de motorisation de 20 kN (2 tonnes de poussée). Se concentrant sur le développement de son moyen de lancements, la société n’a pas souhaité communiquer d’informations quant à la date du vol inaugural de MESO même si elle escompte atteindre "grâce à ce tour de table" un niveau de préparation technologique (TRL) qui lui permette de signer "prochainement" ses premiers contrats. Enfin, elle précise également être « en discussion avec plusieurs bases de lancements » pour l’implantation future de son moyen de lancements.

Antoine Meunier

©                                 La Chronique Spatiale (2021)

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