Unity retrouve l’espace

Pour son 3ème vol spatial, Unity a atteint une altitude de presque 90 km (Photo : Virgin Galactic).

Après la tentative ratée du mois de décembre, Virgin Galactic a procédé, durant le week-end de la Pentecôte, à un nouveau vol d’essai de son SpaceShip 2 dénommé Unity21. C’est le troisième aux limites de l’atmosphère de l'avion aéro-largué et le premier à être réalisé depuis le Spaceport America au Nouveau-Mexique.

Il aura donc fallu attendre exactement 2 ans et 3 mois pour que le SpaceShip 2 accomplisse un nouveau vol propulsé. Rappelons toutefois qu’une précédente tentative avait eu lieu au mois de décembre dernier mais qui avait dû être annulée à la suite d’un problème sur l’ordinateur de bord. Le propulseur du petit avion spatial avait bien été allumé mais pour être immédiatement atteint. Le Spaceship 2 Unity (immatriculéN202VG) s’était ensuite posé sans encombre après un vol plané. Le vol réalisé samedi matin dès 9h du matin (heure locale) met donc fin à plus de 2 ans de mise au sol du fleuron de Virgin Galactic. Il faut également rappeler que des problèmes de structure étaient apparu sur la navette suborbitale, au cours du vol du 22 février 2019 qui ont provoqué son immobilisation au sol. Au cours du vol réalisé pendant ce week-end de la Pentecôte, le VSS Unity piloté par Dave Mac-Kay et Frederick Sturckow a été largué depuis une hauteur de 44 000 ft (15 000 m). Il fallait environ une heure pour atteindre cette altitude. La mise à feu du propulseur hybride a duré 60 s et permis au Spaceship 2 d’atteindre plus de Mach 3 (soit 3600 km/h au niveau de la mer). Au sommet de son apogée, le véhicule a atteint une altitude de 55,4 miles soit 89,2 km avant d’entamer sa descente vers le Spaceport America.

Début de phase propulsée pour Unity (Photo : Virgin Galactic).

Encore des vols tests à réaliser

Depuis sa mise en service le 3 décembre 2016, le VSS Unity a réalisé un total de 20 vols d’essais dont trois sous phase propulsée qui ont permis de dépasser les 80 km d’altitude. Pour mémoire, la Ligne de Karman, qui définit l’arrivée dans le domaine spatial, s’étend au-delà de 100 km d’après les standards adoptés par la Fédération aéronautique internationale. Les standards américains, eux, fixent la limite entre le domaine spatial et le domaine aérien à 80 km. Selon ces critères, Unity a donc dépassé la frontière avec l’espace. Ce même vol permet au pilote, et ex astronaute de la NASA Frederick Sturckow, de réaliser sa sixième incursion dans l’espace après ses 4 vols de navette réalisés entre 1998 et 2009 (STS-88, STS-105, STS-117 et STS-128) et son précédent vol sur Unity (VP-03 le 13 décembre 2018). Un vol qui a également permis de remplir les objectifs suivants : test de plusieurs charges utiles dans le cadre du programme Flight Opportunities de la NASA, test de commandes de vol et stabilisateurs horizontaux améliorés et enfin, récolte de données en vue de la licence d’exploitation d’engins commerciaux délivrée par l’autorité fédérale aérienne américaine (FAA). Virgin Galactic doit maintenant procéder au dépouillement des données avant d’envisager l’étape suivante. Parmi celles qui sont attendues, il est prévu que Virgin Galactic fasse voler 4 employés de sa société afin notamment de tester les sièges passagers de SpaceShip 2. Une fois ce point réalisé, ce devrait être au tour de Richard Branson, le fondateur de la société, de pouvoir s’installer à bord du SpaceShip 2. Il n’y a toutefois aucun calendrier quant à la réalisation de ces 2 vols qui sont annoncés comme des vols d’essais. Le 4ème vol envisagé cette année sera une mission pour le compte de la force aérienne italienne dont le contrat avait été signé le 2 octobre 2019. Quant aux vols commerciaux, leur ouverture n’aura maintenant sans doute pas lieu avant l’an prochain.

Antoine Meunier

©                                 La Chronique Spatiale (2021)

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