Nouveau départ pour la capsule Starliner

Décollage aujourd’hui à 13h20 (heure de la Floride) pour la mission OFT-2 de Starliner (Photo : NASA/Joël Kowsky).

Initialement envisagé pour le 30 juillet, ce nouvel essai de la capsule de Boeing a été décalé à la suite des problèmes survenus après l’amarrage du module russe Nauka à la Station spatiale Internationale (ISS). Ce second décollage du Starliner devait avoir lieu ce mardi à 13h20 heure de Floride.

On prend (presque) la même et on recommence ? Voilà maintenant plus de dix-neuf mois que le vaisseau habité du constructeur de Seattle est cloué au sol. Pour mémoire, la mission inhabitée OFT-1 (Orbital Flying Test 1), lancée le 20 décembre 2019, s’était soldée par un semi-échec. Sous l'impulsion de sa fusée Atlas V, le CST-100 Starliner (exemplaire S.3 Calypso) s'était correctement élancé vers l'espace mais sur une mauvaise orbite, à la suite d’une erreur temporelle du logiciel de l’ordinateur de bord. L’amarrage envisagé avec l’ISS au bout de 24 h n’avait pu être concrétisé. Il fut décidé conjointement, par la NASA et Boeing, d’interrompre la mission et de ramener la capsule au sol. Celle-ci avait ensuite été récupérée, sans encombre, sur le centre d’essais de White Sands au Nouveau-Mexique après avoir orbité pendant 2 jours autour de la Terre. Afin de pouvoir réaliser ce second vol d’essai automatique, près de 80 mesures correctrices auront été menées. Parmi les changements apportés au vaisseau après le vol OFT-1, Boeing a modifié le système d’amarrage en installant, au sommet du vaisseau, un couvercle de rentrée à charnières, plus ou moins semblable à ce qui a été fait par Space X sur le Crew Dragon. Le vaisseau qui doit être lancé ce mardi n’est pas celui de décembre 2019, il s’agit de l’exemplaire S.2.1 qui, pour le moment, n’a pas encore de nom. La Calypso doit, quant à elle, être utilisée pour le premier vol opérationnel avec équipage. Pour le vol de qualification piloté (CFT), envisagé d’ici la fin de l’année, le choix de l’exemplaire reste encore à déterminer.

Installé sur le siège du commandant, « Rosie the Rocketeer » doit notamment servir à maintenir le centre de gravité de la capsule (Photo : Boeing).

Un vol déterminant

Pour ce second essai à vide, financé intégralement par Boeing à hauteur de 410 millions de dollars, le vaisseau de 13 t, qui doit être lancé aujourd’hui par une fusée Atlas V, emporte 270 kg de fournitures à destination de l’ISS. Il emporte tout de même un passager en tenue de vol : le mannequin Rosie the Rocketeer (baptisé en hommage à l’icône de la 2nde Guerre Mondiale « Rosie the Riveter ») installé sur le siège du commandant de bord. Bardé de capteurs, Rosie a pour mission de fournir des informations sur le profil de vol qui sera expérimenté par les passagers humains lors des vols habités. D’un poids de 82 kg, ce mannequin doit également permettre de maintenir le centre de gravité de Starliner durant les phases critiques du vol : au lancement, à l’amarrage et au désamarrage de la station ainsi qu’au moment de l’atterrissage. L’amarrage de la capsule, au port avant du module Harmony de l’ISS, est planifié pour le lendemain à 17h37 UTC. La durée totale de cette mission doit être de cinq jours avant une récupération dans l’ouest des Etats-Unis. A l’issue de ce vol, la NASA et Boeing devraient décider de la date du vol de qualification avec équipage qui pourrait avoir lieu à partir de l’automne. L’équipage de ce futur premier vol habité de Starliner doit normalement se composer des astronautes Barry Wilmore (3ème vol), Michael Fincke (4èmemission) et Nicole Mann dont ce sera le baptême de l’espace.

Antoine Meunier

« LCS » marque une pause. Retour prévu dès la rentrée. Merci de votre fidélité et bon été à tous !

©                                 La Chronique Spatiale (2021)

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