Incertitude(s)

Roscosmos suspend ses opérations sur la Guyane (photo : ESA-S.Corvaja).

L’édito « LCS » du mois dernier était titré « une année charnière ». L’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, depuis le 24 février, confirme cet état de fait mais pour des raisons qui rendent le spatial un peu anecdotique aujourd’hui. Une année charnière parce que nous assistons vraisemblablement à une redistribution des cartes politiques, au moins sur le Vieux Continent. D'une manière assez inédite, l’Union Européenne s’est très rapidement mobilisée pour faire bloc derrière l’Ukraine. Et face à l’ensemble des sanctions prises par l’U.E, la Russie se retrouve peu à peu isolée. En retour, Moscou a réagi et notamment sur le domaine spatial. Samedi matin, Dimitry Rogozin, le patron de l'agence spatiale russe Roscomos, tweetait sur l’arrêt des activités du lanceur Soyouz en Guyane. Ce qui va s’avérer problématique car plusieurs missions européennes sont programmées sur le vénérable lanceur et pas seulement depuis Kourou, mais aussi depuis le sol russe (Oneweb). Le transport des satellites européens, assuré par les compagnies Antonov Airlines (ukrainienne) et Volga-Dnepr Airlines (russe), pourrait aussi s’avérer problématique. Et alors que nous bouclions cette édition de la newsletter, l'ESA a confirmé dans un communiqué que le lancement, à l'automne prochain, depuis Baïkonour de la mission européenne Exomars, paraissait maintenant “très peu probable”. Elle devait être envoyée en direction de Mars par une fusée Proton.

Et il y a l’ISS dont les opérations se poursuivent.

Comme le tweetait il y a quelques jours Josef Aschbacher, le directeur général de l’ESA, la collaboration civile dans l’espace est « un pont » et qu’il n’est pas question de remettre en question ce programme commun. Un message d’apaisement que s’était d’ailleurs empressé de retweeter Rogozin. y compris celui du côté américain dans lequel l’un des porte-paroles de la NASA (via CNN du 25/02) déclarait que l’agence « continuait de travailler avec ses partenaires internationaux dont Roscosmos » sur la station. Dans l'espace, et sur la station, américains, européens et russes dépendent les uns des autres. Et qu’en sera-t-il du transport des cosmonautes et astronautes ? Pour le moment, le départ du prochain équipage côté russe (Soyouz MS-21), reste attendu pour le 18 mars. Tandis que le prochain Crew Dragon (Crew-4) est programmé le 15 avril. C’est au moins une certitude…

Antoine Meunier

 

 

 

 

©                                 La Chronique Spatiale (2022)

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