Nouvelle tentative d’envol ce soir pour Starship

Le décompte s'est arrêté précisément à T-1,3 s (Photo : Direct Space X).

Il s’en est fallu de très peu pour que l’exemplaire SN8 ne s’élève au-dessus de Boca Chica au Texas. Quasiment au tout dernier moment, le véhicule de test a lancé une procédure qui a mené à l’arrêt de la chronologie. La fenêtre reste néanmoins ouverte jusqu’à demain soir pour une nouvelle tentative.

Une seconde et 3 petits dixièmes, c’est tout ce qu’il manquait hier soir pour que le Starship SN8 effectue son tout premier décollage pour un périple qui devait emmener ce véhicule, haut de 50 m, à 12,5 km d’altitude. Le scénario de vol est le suivant. Une fois arrivé à l’apogée de la trajectoire, il est ensuite prévu de manœuvrer les 4 volets, qui sont orientables électriquement, afin de repositionner l’engin pour un atterrissage en douceur au sol. Selon les informations publiées par Space X, la cause de l’arrêt du compte à rebours hier soir est due vraisemblablement à la détection d’une anomalie qui a entrainé une interruption automatique des trois moteurs Raptor à T-1 s. Le communiqué ne donne toutefois pas plus de détails quant à la cause précise de cet arrêt. Si une nouvelle tentative est programmée dès ce soir, Space X dispose d’une fenêtre de trois jours pour mener à bien ce premier vol du Starship. Prévu pour mesurer 120 m de haut, le super lanceur de la firme de Hawthrone doit être à terme le plus grand et le plus puissant lanceur jamais produit. La version définitive du vaisseau, destiné à envoyer dans un premier temps des hommes vers la Lune et peut-être un jour vers Mars, doit comporter six moteurs Raptor qui fonctionnent avec un mélange méthane – oxygène liquide. Le premier étage (Super Heavy) de l’ensemble emploiera 28 propulseurs et, comme le premier étage de Falcon 9, doit pouvoir revenir au sol en douceur. Il doit également être capable de refaire le plein rapidement. 

Photo du précédent essai en septembre. Le véhicule SN6 était monté à "seulement" 150 m (Photo : Space X).

Un développement encore balbutiant

En termes de masse, le lanceur Super Heavy/Starship doit représenter pratiquement le double du Space Launch System (5000 t contre environ 2900 t pour le SLS), et dont le premier exemplaire doit être lancé à la fin de l’année prochaine dans le cadre de la mission lunaire Artemis 1. L’idée est de pouvoir lancer 100 t en orbite basse. Mais l’objectif ultime d’Elon Musk est de parvenir à envoyer une mission habitée vers Mars dans cinq ans. Fidèle à son image, il l’a d’ailleurs réaffirmé lors de la récente remise d’un prix que lui a décerné le groupe de presse allemand Axel Springer. Pour lui, une mission habitée vers la planète rouge pourrait avoir lieu « d’ici 2026 voire 2024 ».  Le fondateur de Space X reste donc un « éternel optimiste », du moins sur le calendrier de vols du futur vaisseau amiral de sa société dont la mise au point, il faut le rappeler, ne fait que commencer. Pour mémoire, les différents prototypes n’ont pour le moment réalisé que des essais d’atterrissage (dont ceux du démonstrateur Starhopper en 2019) pour lesquels l’altitude atteinte n’a pas excédé 150 m.  Le 4 aout, le prototype SN5, en fait un bâti moteur équipé d’un réservoir, avait réussi à s’élever à cette hauteur avant de déployer son train d’atterrissage et revenir se poser impeccablement sur la terre ferme. Le 3 septembre, l’exemplaire SN6 a réédité la même performance en grimpant également à 150 m. L’essai reprogrammé ce soir avec l’exemplaire SN8 est le premier avec une cellule (presque) complète de Starship comportant un ensemble de 3 moteurs ainsi que deux réservoirs (méthane et oxygène liquide). La durée de ce vol doit être d’environ 4 minutes. Quant au booster Super Heavy, il n'est pas attendu avant 2021.

Antoine Meunier

©                                 La Chronique Spatiale (2020)

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