Firefly Aerospace décroche la Lune

L'alunisseur Blue Ghost de Firefly Aerospace vise la Mer des Crises comme destination lunaire en 2023 (Image : NASA)

Après Astrobotic, Intuitives Machines et Masten Space Systems, c’est au tour de la firme basée à Austin au Texas de décrocher un contrat CLPS pour déposer un véhicule sur la Lune. Son alunisseur Blue Ghost s’ajoute à ceux précédemment sélectionnés par la NASA pour jouer les éclaireurs des missions habitées du programme Artemis.

Egalement constructeur du lanceur Firefly Alpha, dont le premier tir est attendu, en principe, en mars prochain, Firefly Aerospace a reçu une dotation de 93,3 millions de dollars pour déposer un alunisseur automatique en 2023. Cette future mission s’inscrit dans le cadre de l’initiative Commercial Lunar Payload Services de la NASA à laquelle les 3 firmes citées en introduction, participent également. D’ici la fin de l’année, les atterriseurs Peregrine (Astrobotic) et Nova-C (Intuitive Machines) doivent déposer plus de 30 charges utiles sur l’Astre des Nuits. En 2022, le XL-1 (Masten Space) et un second exemplaire du Nova-C, transportant la charge utile PRIME-1 (recherche de glaces sous le sol), devront se poser au niveau du Pôle Sud lunaire. L’année d’après, Astrobotic doit déployer le rover VIPER de la NASA avec son autre alunisseur : le Griffin. Toujours en 2023, Firefly Aerospace devra déposer une série de 10 charges utiles scientifiques sur la surface de la Lune avec le Blue Ghost. D’une masse totale de 94 kg, elles comportent à la fois des expériences scientifiques ainsi que des démonstrateurs technologiques. Ainsi, l’instrument LISTER (Lunar Instrumentation for Subsurface Thermal Exploration with Rapidity) doit ainsi pouvoir forer la roche jusqu’à 3 m pour, entre autres, déterminer les propriétés thermiques de la roche lunaire à différentes profondeurs. Parmi les manipulation technologiques, LuGRE (Lunar GNSS Receiver Experiment) doit permettre d'étendre la portée des signaux GPS. En cas de succès, ce sera la première fois que l’on discernera les signaux GPS depuis la Lune.

Le Peregrine d'Astrobotic doit rejoindre la Lune d'ici la fin 2021 (Photo : LCS-A.Meunier)

Objectif : Mare Crisium

L’intégralité de ces manipulations prendra place sur l’alunisseur Blue Ghost. Selon les spécificités techniques émises par Firefly Aerospace, la capacité totale d’emport du véhicule s’élève à 155 kg. Des capacités qui restent supérieures à celles requises dans le cadre de la compétition CLPS. C’est la raison pour laquelle un espace de 50 kg pourra être réservé pour des charges utiles commerciales. Il doit pouvoir disposer d’une puissance électrique allant jusqu’à 300 Watts pendant 14 jours grâce à ses panneaux solaires. Le futur lanceur de Blue Ghost n’est pour le moment pas connu, mais il est prévu qu’il se pose dans la Mer des Crises (Mare Crisium) qui est située au nord-est de la Mer de la Tranquillité. Trois sondes soviétiques se sont précédemment posées dans cette région. Quelques heures après l’alunissage historique de Neil Armstrong et Buzz Aldrin (Apollo 11), Luna 15 s’est écrasée dans la Mer des Crises le 21 juillet 1969 puis, en 1974, Luna 23 y a également été perdue. Néanmoins, Luna 24 a pu en rapporter quelques échantillons en août 1976. Si la mission de Blue Ghost se déroule comme prévu, il se sera donc écoulé 47 ans avant qu’un alunisseur ne se pose de nouveau dans cette région de notre satellite. Un engin qui, comme ceux des autres firmes sélectionnées par la NASA, sert à préparer le terrain des futures missions habitées Artemis. Sur ce volet, l’administration Biden vient d’affirmer, jeudi lors d’un briefing avec les journalistes, son soutien au retour des hommes sur la Lune. « Le gouvernement américain travaillera avec l’industrie et les partenaires internationaux pour envoyer des astronautes sur la surface de la Lune », a ainsi déclaré Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche. Elle n’a cependant donné aucune information sur les intentions de la nouvelle administration quant au déroulement du programme, même s’il parait aujourd’hui acquis que l’échéance d’un débarquement humain sur le sol lunaire en 2024 pourrait ne pas être tenue.

Antoine Meunier

©                                 La Chronique Spatiale (2021)

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