Nouveau retard à prévoir pour Gaganyaan

Le lanceur GSLV Mk III sera le vecteur de lancement du vaisseau Gaganyaan (Photo : Isro).

Officiellement lancé depuis maintenant 2018, le projet indien de vol habité Gaganyaan a vu une nouvelle fois, le mois dernier, son calendrier glisser du fait de l’épidémie de Covid-19. Le premier vol piloté de la capsule n’est maintenant pas attendu au mieux avant 2023.

Initialement, l’agence spatiale indienne (ISRO) avait planifié deux vols d’essais à vide de sa capsule spatiale pour la fin 2020 et décembre de cette année. L’idée était ensuite de pouvoir réaliser un court vol habité avec au moins un vyomanaut (cosmonaute) pour 2022 afin de fêter dignement le 75ème anniversaire de l’indépendance indienne. Malheureusement, l’épidémie de covid-19 bouscule de nouveau les choses. Le nouveau calendrier prévoit qu’un premier test automatique du vaisseau Gaganyaan ait lieu fin 2021 et le suivant fin 2022 (ou début 2023) selon le ministre d'état pour l'espace Jitendra Singh lors d'une allocution il y a quelques semaines à la chambre basse (Lok Sahba) du Parlement indien. Quant au premier vol piloté, il n’est maintenant pas attendu avant 2023. Ce nouveau retard vient en répercussion du décalage des 2 vols automatiques planifiés par l’ISRO. On en sait d’ailleurs un peu plus sur la manière dont l’agence spatiale indienne entend dérouler son premier vol spatial habité. Selon le scénario de mission envisagé, il est prévu de lancer le vaisseau à l’aide d’un lanceur GSLV Mk III pour un vol sur orbite basse à 275 km de périgée et 400 km d’apogée. Ce lanceur doit utiliser un étage supérieur modifié afin de pouvoir y adapter le vaisseau habité et son système d’éjection d’urgence. La dernière mission du GSLV avait permis de lancer la sonde lunaire Chandrayaan 2 le 22 juillet 2019. La prochaine utilisation du lanceur lourd indien prévoit le lancement du satellite de télécommunications GSAT-20 cette année ou bien en 2022. Selon une information du Times of India, il a fallu aussi réduire légèrement la taille du module d’équipage à cause des contraintes de masse du lanceur.

A partir de 2023, le vaisseau Gaganyaan doit emmener jusqu'à 3 Vyomanauts pour un séjour d'une semaine en orbite basse (Photo : M.Weiss).

Fierté nationale

Selon les informations actuellement disponibles sur le vaisseau Gaganyaan, le profil de mission prévoit que sa trajectoire le fasse passer 4 fois par jour au-dessus du Sous-continent indien (2 fois le matin et 2 fois l’après-midi). Au terme d’une mission de 7 jours, il est ensuite prévu de récupérer le vaisseau en Mer d’Arabie, au large de la ville côtière de Veraval qui est située dans le district de Gujarat. L’équipage doit être ensuite récupéré dans les 15 à 20 mn qui suivront l’amerrissage avant d’être placé en quarantaine. « Une fois cette période terminée, et que l’équipage sera retourné au travail, nous pourrons déclarer la mission officiellement terminée », déclarait le mois dernier Nilesh Desai, le patron du centre d’applications spatiales (SAC) d’Amhedabad. Jusqu’à 3 cosmonautes doivent pouvoir prendre en place à bord de cette capsule à laquelle la France, entre autres pays, apporte un support technique notamment pour les équipements de vols. Un accord pourrait même être signé dans les prochaines semaines. En Inde, le vol habité est une vraie source de fierté nationale à tel point qu’en février le département indien de l’espace a soumis pour consultation publique en ligne un document relatif à sa politique future des vols habités. Il insiste notamment sur « une présence humaine soutenue dans l'espace en tant qu'instrument de développement, d'innovation et de promotion des collaborations en accord avec les intérêts nationaux ». Cette proposition pointe également le fait que le département de l’espace doit définir une feuille de route à long terme pour une présence soutenue en orbite basse (LEO). Elle doit toutefois recevoir l’approbation du Conseil des ministres indien.

Antoine Meunier

©                                 La Chronique Spatiale (2021)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *