AsterX: 1er exercice spatial pour le CDE

Le CDE a piloté l'exercice AsterX 2021 depuis le QG toulousain du CNES (Image : Armée de l'Air et de l'Espace).

Le Commandement de l’Espace (CDE) et l’Armée de l’Air et de l’Espace ont piloté cette semaine depuis le site toulousain du CNES le premier exercice AsterX destiné à évoluer les potentielles menaces qui pourraient survenir depuis l’espace extra-atmosphérique.

Le nom de code AsterX n’est pas anodin puisqu’il s’agit bien évidemment d’un clin d’œil au célèbre personnage de bande-dessinée, mais aussi au 1er satellite français lancé par une fusée Diamant le 26 novembre 1965 depuis la base de Hammaguir dans le Sahara algérien. Durant toute la semaine, une cinquantaine de participants dont les experts opérationnels des unités du CDE, le Centre de commandement et de contrôle des opérations spatiales de Paris (C3OS), le Centre militaire d’opérations par satellite (CMOS) à Creil et le Centre opérationnel de surveillance militaire des objets spatiaux (Cosmos) de Lyon, ont été mobilisés pour cette simulation. Leur mission : tester les capacités à protéger les satellites français en cas d’attaque, d’entrée dans l’atmosphère terrestre de débris dangereux ou encore détecter la présence d’un satellite espion à proximité de l’un des nôtres. Un cas de figure qui est loin d’être fictif. L’une des plus récentes « visites » est celle que le satellite espion russe Luch Olymp a rendu en 2018, au satellite franco-italien Athena Fidus. Qu’a-t-il bien pu faire ? Mystère. En revanche, il a par la suite été établi qu’il s’est approché d’au moins 8 autres satellites. Alors que faire pour protéger nos satellites de véhicules spatiaux dont les intentions ne sont pas clairement établies ? A cette question, la Ministre des Armées Florence Parly apportait une première réponse au cours du discours qu’elle prononça le 25 juillet 2019 sur la BA 942 de Lyon. Il est prévu d’ici quelques années que la France se dote des moyens de protéger ses capacités spatiales.

L'un des enjeux de l'exercice AsterX : protéger les capacités spatiales. Ici l'un des satellites d'imagerie terrestre Pleiades (Image : CNES).

 Temps compressé

Le programme d’armements baptisé « Maitrise de l’Espace » prévoit notamment que le commandement spatial français s’équipe de nano-satellites patrouilleurs à l’horizon 2023, avec une pleine capacité opérationnelle à l’horizon 2030. Ceux-ci pourraient même être pourvus de lasers de puissance. Une capacité qui nécessite un investissement de 700 millions d’euros qui s’ajoutent aux 3,6 milliards déjà prévus dans le cadre de la LPM 2019-2025. Précisons toutefois que le scénario imaginé pour cet exercice AsterX, le premier du genre, ne tenait pas compte des capacités opérationnelles qui sont projetées dans le futur, mais des moyens actuellement disponibles au sein du CDE dont les satellites d’observation de la Terre CSO-1, les 2 HELIOS et le duo de la constellation Pleïades. Outre Athena-Fidus, les télécommunications militaires sont notamment assurées par les 2 Syracuse 3 et Sycral 2 (Syracuse 3C). La simulation mettait en scène une crise politique sur un continent fictif entre deux régions : Piros et Siva, cette dernière étant soutenue par la France et ses alliés, avec une montée en puissance tout au long de la semaine et une gestion du temps permettant de compresser 4 semaines réelles en 4 jours d’entrainement. Les acteurs de cette première ont donc vécu un rythme un peu particulier puisqu’ils devaient, entre autres événements (18 au total), faire face à une attaque de satellite « par un objet inconnu équipé d’un bras articulé », indique l’AFP. Un entrainement qui doit permettre d’améliorer les processus opérationnels du CDE, dont les effectifs devront être portés à 550 personnes d'ici 2025, et qui est maintenant en place depuis le mois de septembre 2019. A noter également, ce premier exercice aura été mené avec l’Allemagne, l’Italie et les Etats-Unis

Antoine Meunier

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